Bruxelles, 27/06/2014 (Agence Europe) - Les États membres ont approuvé, mardi 24 juin à Luxembourg, le cadre de la stratégie européenne de sécurité maritime, dont l'objectif est de structurer la réponse de l'UE aux défis que représente la sécurité des voies maritimes par lesquelles transite l'essentiel de son commerce intra-européen et avec les pays tiers et de ses approvisionnements qui bordent ses frontières extérieures.
L'objectif de cette stratégie est de protéger les intérêts de l'UE, qui peuvent être menacés dans le domaine maritime par le crime organisé et le terrorisme, et de lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et contre les menaces environnementales. « Mon objectif est de repenser l'économie maritime, ce qui va de pair avec la sécurité, car aucun entrepreneur n'investira dans des activités maritimes, si les installations au large des côtes ou les voies maritimes ne sont pas sûres », a affirmé la commissaire Maria Damanaki (Affaires maritimes et Pêche). « Et pour cela, il faut une approche commune », a-t-elle ajouté. Renforcer la coopération est ainsi le maître mot de cette stratégie.
La tâche est colossale. Lorsqu'un hélicoptère allemand survole un navire espagnol en Méditerranée, il lui est impossible d'entrer en communication directe avec lui. Il doit passer par Berlin, qui contacte à son tour Madrid, qui transmet encore ce message à son centre d'opération à Barcelone. Ce scénario fictif, mais réaliste, témoigne d'un des défis que compte relever cette stratégie. En effet, dans l'UE, il y a pour 23 États membres, qui ont des zones côtières (représentant 70% des frontières extérieures de l'UE), 316 autorités compétentes en matière maritime. Il n'y a pas de standard commun pour les communications par radio et il y a huit systèmes d'échange d'informations entre les États membres, lesquels sont de surcroît incompatibles entre eux.
Le texte adopté énumère tout d'abord un certain nombre de principes qui fondent cette stratégie: - implication de toutes les parties intéressées par une approche multisectorielle (civil, militaire, public et privé) et multilatérale (coopération avec l'OTAN, les Nations unies) ; - respect des compétences des États membres ; - gouvernance fondée sur le droit de la mer. Il décrit ensuite cinq domaines d'actions: - recours aux moyens de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ; - meilleur partage de l'information, y compris au moyen du développement d'un logiciel commun ; - développement des capacités (technologies duales, coopération sur la standardisation et la certification, travail sur l'interopérabilité, formations et exercices conjoints) ; - gestion des risques et protection des infrastructures critiques, dont une analyse commune des risques ; - recherche, innovation et formation.
Cette nouvelle stratégie sera complétée au deuxième semestre de 2014. La présidence italienne du Conseil de l'UE se chargera ainsi de concevoir un calendrier et de préciser les modalités de ces différentes actions. L'adoption d'un plan d'action est prévue pour le mois de décembre. (JK)