Bruxelles, 12/06/2014 (Agence Europe) - La présidence grecque espère que le Conseil Agriculture sera en mesure d'adopter, lundi 16 juin, des conclusions sur l'avenir du secteur du lait et des produits laitiers, mais rien n'est moins sûr. Les États membres ont des points de vue différents sur le bien-fondé de telles conclusions et sur les modalités d'un 'atterrissage en douceur', par le biais de mesures pour atténuer les effets de la fin des quotas de production en 2015 (EUROPE 11097).
Pour alimenter le débat du Conseil Agriculture, la Commission européenne présentera un rapport sur la mise en oeuvre du paquet 'lait' qu'elle adoptera ce vendredi 13 juin.
Lors du Comité spécial agriculture (CSA) de mardi 10 juin, plusieurs délégations (ex: Autriche, Allemagne, Danemark, Belgique, Irlande et Pays-Bas) ont salué le paragraphe du projet de conclusions préparé par la présidence qui prévoit un 'atterrissage en douceur' au moyen de la modification du coefficient de matières grasses. D'autres pays (France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Slovaquie, Portugal, République tchèque…) sont, au contraire, opposés à cette mesure qui revient à augmenter les quotas de production. Ils estiment qu'il s'agit d'une 'prime à la fraude' et que cela défavoriserait les producteurs qui ont respecté les quotas.
Dans ce contexte, certains pays, comme l'Espagne, s'étonnent du déséquilibre figurant dans ces conclusions: que prévoit-on pour les producteurs qui ont respecté les règles? Quoi qu'il en soit, certains pays, dont l'Italie et la France, estiment que des conclusions du Conseil sur ce sujet sont tout à fait prématurées.
Quelques pays, comme le Royaume-Uni et la Suède, ont estimé que la formulation suggérée n'est pas très positive et souhaitent que le texte reflète mieux les mesures qui existent déjà en faveur du secteur.
En l'absence de consensus sur le texte des conclusions, celui-ci devient des conclusions de la présidence, plutôt que du Conseil. Pour que ces conclusions soient celles du Conseil, la présidence grecque devra présenter un texte très général pour que tout les pays y souscrivent.
Le projet de texte souligne notamment que la fin des quotas offrira des opportunités au secteur européen, mais lui imposera de nouveaux défis, comme le besoin de maintenir une production équilibrée au niveau régional au sein de l'UE (en particulier dans les zones qui connaissent des contraintes spécifiques, comme les régions insulaires et montagneuses) et de remédier aux possibles fluctuations de marché. En outre, le secteur du lait a été confronté à une volatilité accrue des prix du lait et des prix des intrants depuis plusieurs années.
Le texte des conclusions demande aussi d'envisager des mesures appropriées pour assurer la sécurité juridique pour toutes les parties prenantes en ce qui concerne l'application du prélèvement sur les excédents après le 31 mars 2015. (LC)