Bruxelles, 12/06/2014 (Agence Europe) - L'envoyé spécial de la Haute représentante de l'UE en Libye, Bernardino Leon, a souligné mercredi 11 juin que l'Union européenne avait une « responsabilité » en Libye. Selon lui, cette responsabilité est due à la participation d'États européens à l'intervention militaire dans le pays en 2011 mais surtout au fait que le pays se situe à 350 kilomètres des côtes européennes. « Ce qui arrive (en Libye) a une très forte répercussion sur l'UE », a-t-il expliqué lors d'une conférence organisée par le think tank European Council on Foreign Relations et la mission de la Norvège auprès de l'UE.
M. Leon a jugé important que la communauté internationale soit plus coordonnée et souligné le rôle « très important » que les voisins de la Libye et les pays du Golfe peuvent jouer « pour essayer de trouver une solution », même s'ils ont des visions différentes de la situation. « Il faut plus de coordination interne dans l'UE », a-t-il ajouté.
« L'UE doit jouer un rôle central », a expliqué Mme Heidi Johansen, du ministère norvégien des Affaires étrangères, ajoutant qu'il faut un mécanisme de coordination plus efficace. « Le mieux maintenant serait un message coordonné », a-t-elle ajouté.
M. Leon a indiqué que des envoyés spéciaux avaient été nommés, non pas pour affaiblir les Nations unies et sa mission (MANUL) sur place, mais pour les soutenir. Mercredi 11 juin, les ministres de l'UE et de la Ligue arabe ont d'ailleurs réaffirmé leur « engagement à aider la Libye à travers l'interaction avec le gouvernement sous l'égide et la coordination de la MANUL ».
Ainsi, l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni ont déjà nommé leurs envoyés. « Nous travaillons sur un document de principes pour essayer d'avoir une sorte de compréhension de la coopération pour gérer les problèmes les plus urgents, quelque soit le résultat des élections », a expliqué M. Leon. Il a soutenu l'organisation des élections législatives, le 25 juin prochain, précisant que si elles ne devraient pas permettre de résoudre tous les problèmes, elles pourraient contribuer à créer une « nouvelle dynamique ».
Pour l'envoyé spécial, il faut tout d'abord agir sur la gestion de crise. « Puis il faut essayer de progresser en parallèle sur la construction de l'État, la sécurité, la gestion de l'économie et des frontières », a-t-il ajouté. « Nous devrions faire plus attention à la présence du terrorisme », a-t-il aussi mis en garde. Revenant sur le problème des armes présentes dans le pays, il a mis en avant la nécessité d'un dialogue à plusieurs niveaux sur cette question: un dialogue interne dans le pays, un dialogue avec les pays voisins et enfin une stratégie internationale.
M. Leon a indiqué qu'il y avait de nombreux acteurs en Libye, que ce soit le gouvernement, le Congrès général national, les autorités locales, les milices, les groupes tribaux, la société civile, et qu'ils devaient être pris en compte pour trouver une solution aux problèmes du pays. « Cela ne fonctionnera pas si un groupe se sent en dehors du système », a-t-il expliqué, précisant qu'aucun de ces groupes n'est assez fort pour imposer une solution aux autres. « Nous allons devoir trouver la bonne solution. Sinon, l'UE va avoir des problèmes », a-t-il conclu. (CG)