Bruxelles, 12/06/2014 (Agence Europe) - En présence du commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté, le 5 juin, cinq avis relatifs à l'énergie, sur la base du projet de cadre à l'horizon 2030 pour les politiques énergétique et climatique mis sur la table en janvier dernier par la Commission (EUROPE 11002). S'il apporte un large soutien au projet de cadre 'énergie/climat' 2030, y compris ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% et de hausse de la part des énergies renouvelables à 27% du bouquet d'énergie primaire, le CESE veut aller plus loin. Il plaide notamment pour des objectifs nationaux spécifiques en matière de renouvelables.
« L'équilibre est de parvenir à la protection du climat tout en dynamisant l'économie de l'Europe et en garantissant la sécurité et l'accessibilité de l'approvisionnement », a résumé la Finlandaise Ulla Sirkeinen (groupe des employeurs), rapporteur sur le cadre 'énergie/climat' 2030. Aux yeux de Mme Sirkeinen, l'UE ne pourra relever ce défi que si la politique énergétique devient « véritablement européenne »: ce qui nécessite une consultation, une coordination et une coopération obligatoires entre les États membres avant de prendre des décisions ambitieuses. Et ce qui nécessite aussi la création d'une véritable Communauté européenne de l'énergie, qui permettrait de renforcer la sécurité énergétique de l'UE et de réduire ses coûts. L'avis du CESE insiste aussi sur l'achèvement du marché intérieur de l'énergie et sur le renforcement de la solidarité.
Le CESE insiste en outre sur l'implication accrue de la société civile dans un dialogue européen sur l'énergie et dans la conception de plans énergétiques nationaux. Engager les citoyens, les autorités locales et régionales dans la production de renouvelables permettrait de débloquer de nouvelles ressources pour la croissance et l'emploi et d'améliorer de manière significative l'acceptation sociale des projets en matière de renouvelables, estime le Comité. S'appuyant sur le fait que les PME jouent déjà un rôle majeur dans l'invention de mesures d'efficacité énergétique et que de nombreux groupes de consommateurs sont engagés dans des actions diverses en matière d'économie d'énergie, le CESE promeut un dialogue européen sur l'énergie avec la participation des organisations de la société civile comme une plateforme de communication capable de combler les lacunes des politiques énergétiques des États membres.
Pour le CESE, une attention particulière doit être portée à l'efficacité énergétique. Le comité plaide pour des objectifs sectoriels, comme par exemple dans le secteur de la construction. Le Comité soutient aussi la rénovation du système d'échange de quotas d'émissions (ETS), pourvu que les questions de compétitivité et les aspects économiques soient suffisamment pris en compte, comme, par exemple, des mesures de soutien afin d'éviter les fuites de carbone. Cependant, l'objectif à long terme doit être la création d'un marché international de carbone à part entière et l'Europe doit faire tout son possible pour atteindre cet objectif.
En parallèle, le CESE plaide pour des solutions intelligentes en matière de mobilité urbaine, face au problème de congestion et d'augmentation des émissions de carbone qui en résulte. Si la Commission a déjà abordé la question de la mobilité urbaine dans plusieurs communications et actions, le Comité lui demande de combiner ces initiatives en un seul instrument, pour plus d'efficacité. Pour le CESE, l'UE et ses États membres doivent élaborer une politique commune et intégrée en la matière, avec une vision commune et ambitieuse, en impliquant la société civile, en sensibilisant le public et en favorisant l'échange des bonnes pratiques. La Commission devrait élaborer des lignes directrices standardisées pour les spécifications des véhicules de transport public, créant ainsi un marché européen et ouvrant ainsi le marché à la concurrence en préservant les normes environnementales et sociales les plus élevées.
Enfin, face au risque accru de catastrophes environnementales, de pénuries alimentaires, de luttes pour des ressources rares ou encore de migrations de masse ou de guerres, le CESE souligne le rôle de leader que doit jouer l'UE dans la politique climatique sur la scène internationale. « Il est essentiel que l'UE parle d'une seule voix à la conférence de l'ONU sur le changement climatique », en décembre 2015 à Paris (COP21), insiste le président du CESE, Henri Malosse. (EH)