Bruxelles, 11/06/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne et ses États membres ont beaucoup à gagner de la diplomatie culturelle, positive pour l'économie grâce au meilleur accès au marché qu'elle procure aux industries culturelles et créatives européennes, à une diversité culturelle renforcée et à un plus large partage des valeurs européennes. C'est la conclusion d'un rapport d'experts publié mardi 10 juin par la Commission européenne suite à une initiative du Parlement européen. Pour Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, « une approche plus stratégique de la culture dans les relations extérieures de l'Union européenne est une priorité. Le 'pouvoir discret' de la diplomatie culturelle est une chance pour l'Union et ses États membres dans leurs relations avec le reste du monde ». « La diplomatie culturelle nous donne l'occasion de partager notre culture et nos valeurs européennes telles que les droits de l'homme, la diversité et l'égalité avec d'autres pays. Elle est également bénéfique pour l'emploi et la croissance », a ajouté Androulla Vassiliou, commissaire responsable de la culture.
La culture en tant qu'aspect essentiel des relations extérieures est l'un des trois objectifs stratégiques de l'Agenda européen de la culture, un cadre politique global qui a guidé les travaux conjoints de la Commission et des États membres depuis 2007. Les recommandations des experts sur la manière d'accroître l'impact de la diplomatie culturelle de l'Europe sont les suivantes:
une meilleure coordination et un personnel spécialisé, tel que des attachés culturels dans les délégations de l'UE ;
de nouvelles méthodes de financement et de collecte de fonds, y compris le cofinancement et les partenariats public-privé ;
la mise en commun de ressources d'organismes culturels et des États membres, notamment par l'intermédiaire de leurs instituts culturels et leurs attachés à l'étranger ;
la suppression des obstacles à la mobilité, par exemple, en facilitant les conditions d'obtention de visas pour les opérateurs culturels ;
une meilleure communication avec les jeunes, par exemple, en développant des programmes d'échanges éducatifs et culturels ;
la recherche de partenaires clés, axée plus particulièrement sur les villes ;
la facilitation de l'échange d'expériences et de bonnes pratiques entre des artistes de différents pays, des responsables culturels, des journalistes ou des écrivains ;
l'autonomisation des acteurs culturels locaux en facilitant la coopération avec des organisations et/ou des fondations culturelles ;
l'amélioration du suivi et de l'évaluation de projets et de politiques en matière de diplomatie culturelle.
La Commission va à présent examiner le rapport et ses recommandations avec des représentants des États membres et du Parlement. Une réunion de hauts fonctionnaires est programmée ce 17 juin, dans le cadre de la présidence grecque, et les discussions se poursuivront sous présidence italienne. Une autre réunion, avec les membres du PE cette fois, aura lieu un peu plus tard, le 25 juin. (IL)