Bruxelles, 11/06/2014 (Agence Europe) - Le FMI a montré un optimisme tout relatif et assorti de son lot de recommandations dans son rapport de suivi sur la Grèce, publié mardi 10 juin. Soulignant des efforts budgétaires sans précédent, le FMI prédit tout de même un écart d'environ 1% du PIB en 2015 pour atteindre l'objectif d'un excédent primaire de 3% du PIB, nécessaire pour la réduction de la dette. « Davantage d'ajustement budgétaire est nécessaire pour restaurer la soutenabilité de la dette », écrit le FMI, qui pointe une fatigue dudit ajustement, alors que la coalition gouvernementale ne mène plus que de deux sièges au Parlement national. Et de préciser que les promesses du gouvernement de redistribuer une partie de l'excédent primaire ('social dividends') et d'exclure de nouvelles mesures auront pour conséquence de tester sévèrement l'engagement politique à mettre en oeuvre la stratégie retenue pour la réduction de la dette, à la veille des élections nationales de 2016. La stratégie de réduction de la dette prévoit un excédent budgétaire annuel de 4,5% du PIB à compter de 2016. « S'appuyer simplement sur la reprise économique projetée ne sera pas suffisant pour atteindre ces objectifs », a déclaré Poul Thomsen, chef de mission en Grèce pour le FMI, dans des commentaires au IMF Survey publiés sur le site de l'institution de Washington. Le FMI souligne toutefois que la récession avait été moins grave que prévu en 2013. Les prêts toxiques qui pullulent dans les banques posent quant à eux « une sérieuse menace pour l'aptitude des banques à soutenir la reprise ». S'il doit affronter avec fermeté ces prêts toxiques, le secteur bancaire « aura probablement besoin de capitaux supplémentaires ». Le FMI prévoit en outre l'ouverture d'une insuffisance de financement de 12,6 milliards après mai 2015. (EL)