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Bulletin Quotidien Europe N° 11098
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) irak

L'UE et la Ligue arabe condamnent les attaques terroristes

Bruxelles, 11/06/2014 (Agence Europe) - Soulignant leur profonde préoccupation face à la détérioration de la situation de sécurité en Irak, en particulier dans la région de Mossoul, l'Union européenne et la Ligue des États arabes ont condamné, mercredi 11 juin, « dans les termes les plus forts », la récente vague d'attaques terroristes en Irak, « qui ont fait de nombreuses victimes et ont conduit des milliers de personnes à fuir leur maison ».

Selon l'Organisation internationale pour les migrations, 500 000 personnes ont dû fuir Mossoul après que des centaines de militants islamistes ont pris le contrôle de la ville (deuxième ville irakienne en termes de population, après Bagdad) et d'une grande partie de la province de Ninive. Dans une déclaration commune à l'issue de leur réunion ministérielle à Athènes, l'UE et la Ligue arabe ont souligné qu'il était « impératif » que tous les États appliquent les résolutions 1267 et 1989 des Nations unies, qui imposent des sanctions contre l'État islamique d'Irak et du Levant (ISIS). 5 000 personnes sont mortes depuis le début de l'année en raison de violences dans le pays. Bagdad est considérée comme la ville la plus dangereuse au monde.

Européens et Arabes appellent à l'union

« En ce moment difficile » pour l'Irak, l'UE et la Ligue arabe ont ainsi appelé « toutes les forces démocratiques irakiennes à travailler ensemble sur la base de la Constitution irakienne, à relever le défi sécuritaire et à respecter la volonté des citoyens irakiens d'être gouvernés selon un processus démocratique, tel qu'exprimé par leur participation aux dernières élections nationales ». Européens et Arabes demandent au gouvernement de l'Irak et à celui de la région du Kurdistan de « combiner leurs forces politiques et militaires » afin de rétablir la sécurité à Mossoul et dans la province de Ninive (ils encouragent tous les autres éléments démocratiques de la société à soutenir ces efforts).

L'UE et la Ligue arabe ont aussi réaffirmé leur « ferme soutien » à l'unité et à l'intégrité territoriale de l'Irak, « essentielles pour la stabilité et le développement économique dans le pays et la région ».

Des députés mettent en cause la responsabilité des Islamistes

À Bruxelles, plusieurs députés européens, dont Struan Stevenson (CRE, britannique), Alejo Vidal-Quadras (PPE, espagnol), Stephen Hugues (S&D, britannique) ainsi que l'ancien député Paulo Casaca, réunis au sein d'une nouvelle ONG, l'European Iraqi Freedom Association, ont remis en cause la version officielle selon laquelle des terroristes seraient à l'origine de l'attaque. « (Le Premier ministre irakien Nouri Al) Maliki prétend à tort que les terroristes et l'ISIS ont pris le contrôle de la province de Ninive, afin d'ouvrir la voie à des bombardements et des attaques de missiles (…) », estiment ces députés dans une déclaration. Selon eux, ce sont le « peuple irakien et des tribus (qui) ont pris le contrôle de la province de Ninive et de Mossoul, deuxième plus grande ville de l'Irak, chassant l'armée irakienne et libérant des centaines de prisonniers politiques », « réagissant aux attaques et à l'oppression en cours » par le régime de Maliki dans le pays. Ils accusent le régime d'être responsable de la situation dans laquelle se trouve le pays.

Ils ont appelé l'UE à ne plus soutenir le Premier ministre. « L'UE doit arrêter de soutenir le problème - c'est à dire Maliki. Elle doit commencer à soutenir la solution, c'est-à-dire un gouvernement non sectaire», a expliqué M. Stevenson. Pour M. Vidal Quadras, l'UE et les Américains peuvent apporter « la paix, la démocratie et la stabilité » en retirant M. Maliki du pouvoir. « L'UE doit être plus engagée et active », a-t-il commenté. M. Vidal Quadras a ajouté que l'UE pouvait agir sur trois fronts: la diplomatie, en exerçant une pression sur le Premier ministre, les instruments financiers de l'UE et ses fonds à destination de l'Irak et enfin les droits de l'homme. « L'UE peut faire beaucoup pour aider les réfugiés du camp Liberty mais aussi les autres minorités », a-t-il conclu. (CG)

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