Bruxelles, 26/05/2014 (Agence Europe) - Les risques à la baisse pesant sur la faible inflation, qui demeurera faible pendant une période prolongée, demeurent la préoccupation principale de la BCE.
« À l'heure actuelle, nous nous attendons à ce que la faible inflation se prolonge, mais remonte graduellement vers le seuil de 2%. Notre responsabilité est néanmoins d'être en alerte concernant les risques inhérents à ce scénario qui peuvent émerger et de nous préparer à agir si ceux-ci se matérialisent. Ce à quoi nous devons particulièrement faire attention à l'heure actuelle est la persistance potentielle d'une spirale négative combinant une inflation faible ainsi que des prévisions en baisse en matière de hausse des prix et d'octroi de crédit, en particulier dans les pays (de la zone euro) en difficulté », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi, lundi 26 mai, lors d'un forum qu'a organisé l'institution européenne à Sintra (Portugal).
L'ancien gouverneur de la Banca d'Italia a souligné l'importance de choisir le bon moment pour prendre des décisions de politique monétaire afin de lutter contre une inflation trop faible trop longtemps. « La question clé, c'est le calendrier », a-t-il indiqué, réitérant la volonté, unanime au sein de la BCE, de respecter le mandat octroyé à l'institut monétaire de Francfort, à savoir de parvenir à un niveau d'inflation en dessous mais proche de 2% à moyen terme.
L'institution européenne planche sur plusieurs initiatives, certaines devant être annoncées lors de la prochaine réunion de son Conseil des gouverneurs, jeudi 5 juin (EUROPE 11075). Elle pourrait faire entrer en territoire négatif le taux d'intérêt, actuellement nul, sur les dépôts à très court terme que les banques effectuent à son propre guichet. Une autre option concerne l'injection massive de liquidités que les banques bénéficiaires utiliseraient pour stimuler l'octroi de crédit aux entreprises. Beaucoup débattu, le lancement d'un programme de 'quantitative easing' à l'européenne, qui consisterait à racheter massivement des titres privés et/ou publics sur les marchés, apparaît comme une arme à plus long terme, à n'utiliser qu'en cas de forte détérioration de la situation économique dans la zone euro. (MB)