Bruxelles, 26/05/2014 (Agence Europe) - Avec en toile de fond la crise ukrainienne et les tensions avec la Russie, la stratégie énergétique que la Commission doit présenter mercredi 28 mai en vue du Conseil européen de juin repose sur des mesures à court terme, moyen et long termes pour réduire la dépendance de l'UE. EUROPE en dévoile les principaux éléments, sur la base de la communication dont elle a obtenu une copie.
La stratégie repose d'abord sur des actions immédiates pour accroître la capacité de l'UE à surmonter une perturbation majeure de l'approvisionnement à l'hiver 2014/2015. La Commission propose une réflexion avec les États membres avant l'été sur des moyens pratiques pour effectuer un stress test du système énergétique de l'UE à la lumière des risques de perturbation l'hiver prochain et pour développer des mécanismes de sauvegarde, tels que la hausse de stocks de gaz, le développement d'infrastructures d'urgence et la réduction de la demande d'énergie à très court terme. Elle suggère aussi de coordonner aux niveaux européen et régional des évaluations de risque et des plans d'urgence nationaux, et de mettre en commun une partie des stocks de sécurité existants aux niveaux européen ou international en une capacité virtuelle commune de réserve.
Les mesures à moyen terme visent à: 1) renforcer les mécanismes d'urgence et de solidarité. La Commission propose de réviser des mécanismes existants visant à garantir la sécurité de l'approvisionnement et de les renforcer, si nécessaire, pour le pétrole, le stockage de gaz et le combustible nucléaire (uranium). Elle veut aussi proposer de nouveaux mécanismes et plans de coordination d'urgence pour fournir de l'énergie aux pays en cas de besoin, en se concentrant dans l'immédiat sur les pays de la frontière orientale de l'UE ; 2) achever le marché intérieur. La Commission propose une coopération régionale renforcée entre États membres dont les interconnexions, les arrangements d'équilibrage et les mécanismes de capacité contribuent à la sécurité énergétique. Ceux-ci devraient aussi achever la transposition du 3ème paquet législatif pour le marché intérieur d'ici fin 2014 (notamment concernant les règles de séparation, l'inversion des flux et l'accès aux installations de stockage de gaz). L'exécutif européen veut aussi collaborer activement avec les États membres pour assurer la mise en oeuvre rapide des projets d'intérêt commun et des mesures pour atteindre l'objectif d'interconnexions entre pays à hauteur de 10% des capacités d'électricité installées d'ici 2020 et un objectif de 15% d'ici 2030.
À plus long terme, la stratégie repose sur une série de mesures visant à: 1) modérer la demande d'énergie. Outre réviser cet été la directive « efficacité énergétique » et dessiner les contours d'un cadre 2030, la Commission veut identifier les secteurs prioritaires dans lesquels obtenir des gains d'efficacité énergétique à moyen et long termes, notamment dans les États membres les plus vulnérables à une rupture d'approvisionnement ; 2) augmenter la production d'énergie de l'UE. Les États membres devraient poursuivre le déploiement des sources d'énergie renouvelables et exploiter les hydrocarbures - dont les non-conventionnels comme le gaz de schiste - et le charbon propre, en tenant compte de la décarbonisation ; 3) diversifier les approvisionnements extérieurs. La Commission propose d'examiner avec les États membres les moyens d'accroître la transparence au niveau de l'UE sur la sécurité d'approvisionnement en gaz, par exemple avec la publication périodique par la Commission de rapports sur la notification de nouveaux contrats gaziers. Elle propose aussi d'évaluer les options pour la mise en place de mécanismes volontaires d'agrégation de la demande visant à gonfler le pouvoir de négociation des acheteurs. Est aussi promu le soutien à l'expansion des infrastructures gazières avec la Norvège, dans le corridor Sud et en Méditerranée ; 4) coordonner les politiques nationales et parler d'une seule voix en matière de politique énergétique extérieure. À cet égard, la Commission assurera la mise en oeuvre des mesures identifiées dans sa communication sur la politique extérieure de septembre 2011. La Commission propose que les États membres s'informent mutuellement de leurs décisions de politique énergétique nationale importantes avant leur adoption. Elle propose aussi qu'ils l'informent à un stade précoce avant d'entamer des négociations sur des accords intergouvernementaux ayant un impact potentiel sur la sécurité de l'approvisionnement. (EH)