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Bulletin Quotidien Europe N° 11088
PARLEMENT EUROPÉEN 2014 / (ae) pe 2014

Les résultats s'affinent, les alliances tentent de se former

Bruxelles, 26/05/2014 (Agence Europe) - Les tractations pour désigner le futur président de la Commission européenne, poste revendiqué tant par Jean-Claude Juncker, candidat du PPE victorieux sur le papier dimanche soir, que par son homologue socialiste Martin Schulz ou même l'outsider belge des libéraux, Guy Verhofstadt, sont entrées lundi 26 mai dans le vif du sujet, au fur et à mesure que s'affinaient les projections (voir notre édition spéciale). En début d'après-midi, le Parti populaire européen était ainsi crédité de 213 sièges, devant les socialistes et démocrates (190 sièges) et l'ADLE (64 sièges). Suivaient, selon ces estimations toujours provisoires, le groupe des Verts/ALE avec 53 sièges, le groupe CRE (46 sièges), le groupe GUE/NGL (42 sièges), les 'non-inscrits' (41 sièges), puis l'EFD avec 38 sièges et le groupe des 'autres', doté de 64 sièges.

Mais le PPE avait, dès dimanche soir, revendiqué la victoire et le droit de conduire en priorité les discussions, comme s'y sont engagés les trois principaux partis en mars dans un accord commun. Dès l'annonce des premiers résultats, Jean-Claude Juncker et Martin Schulz sont ainsi entrés en contact, des contacts bilatéraux qui se poursuivaient lundi et auxquels devait également être associé Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, expliquait une source lundi. L'idée serait, à ce stade, de s'entendre sur une grande coalition PPE/S&D. Celle-ci, créditée de 403 sièges, suffirait à faire passer l'un ou l'autre candidat, mais le socialiste allemand Martin Schulz, dont le parti SPD a réalisé un bon score en Allemagne derrière la CDU d'Angela Merkel, veut également « vendre chèrement sa peau », a poursuivi cette source. Le poste de Haut représentant de l'UE ou un portefeuille puissant de commissaire, mêlant numérique et économie, au bénéfice de l'Allemagne, faisaient notamment partie des éléments mis dans la balance, indiquait encore cette source. Lundi soir, une réunion devait aussi se tenir à Berlin entre Sigmar Gabriel, patron du SPD, et les représentants de la CDU/CSU pour déterminer ces éléments de négociation et préciser la position de Berlin quant au candidat qui sera soutenu à la tête de la Commission.

La victoire du Parti démocrate en Italie n'a pas permis au S&D de combler un peu son retard. Le Parti démocrate (centre gauche) du chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a remporté les élections européennes avec 40,8% des suffrages, distançant de près de 20 points les eurosceptiques du Mouvement Cinq Étoiles (M5S) de Beppe Grillo, selon des résultats définitifs diffusés lundi. Le M5S a recueilli 21,2%, un résultat très décevant pour ce mouvement anti-partis de formation récente qui avait chamboulé le panorama politique italien aux élections législatives de 2013 en s'adjugeant un quart de l'électorat dans les deux chambres (25,5% à la Chambre des députés). Le parti Forza Italia (centre droit) de l'ex-président du Conseil Silvio Berlusconi a obtenu 16,8%, en très forte baisse sur ses scores habituels et sous la barre symbolique des 20%, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. La Ligue du Nord, parti anti-immigration et anti-euro, a fait mieux que prévu avec 6,2% mais reste à distance de ses records historiques quand elle frisait les 10%.

Mme Merkel soutient M. Juncker

Lundi matin, la chancelière allemande a en tout cas apporté son soutien à Jean-Claude Juncker et salué une « bonne campagne », validant selon elle la candidature de l'ancien patron de l'Eurogroupe, ont rapporté les médias allemands. La chancelière n'a toutefois pas officiellement indiqué qu'à ses yeux M. Juncker devait devenir automatiquement le prochain chef de la Commission européenne. « Il faudra avoir des discussions » sur ce président de la Commission, a-t-elle dit. Ce sera d'ailleurs tout l'enjeu du dîner informel des dirigeants de l'UE prévu ce 27 mai à Bruxelles, qui suivra une conférence des présidents de groupes du PE ainsi que les mini-sommets des partis politiques européens. Et David Cameron, le Premier ministre britannique, a déjà indiqué qu'il ne voulait ni de M. Juncker, ni de M. Schulz.

En attendant, les libéraux ont rappelé lundi qu'ils gardaient leur rôle de « faiseurs de rois », voire d'alternative à MM. Juncker et Schulz si ces deux-là ne parvenaient pas à s'accorder. « Les partis membres de l'ADLE ont émergé en tête du scrutin dans six États membres et l'ADLE demeure la troisième force politique au Parlement européen », a répété Guy Verhofstadt. Et « compte tenu du faible écart entre les démocrates-chrétiens et les socialistes, le rôle de faiseur de roi de l'ADLE se confirme. Nous allons essayer de consolider cette position dans les prochains jours et garantir que le futur Parlement ne devienne pas un cheval de Troie de l'euroscepticisme », a ajouté le responsable belge.

Renforcés dans certains pays, notamment en France où l'extrême-droite de Marine Le Pen a réussi un score historique, les eurosceptiques se livraient en tout cas encore lundi une rude bataille pour attirer vers eux le nombre suffisant de députés et de nationalités requises pour former un groupe. L'UKIP de Nigel Farage qui a remporté les élections au Royaume-Uni devant les conservateurs de David Cameron avec 27, 5% des suffrages, était en effet en concurrence avec Marine Le Pen qui, comme Nigel Farage, a besoin pour former un groupe au PE de 25 députés venant d'au moins 7 pays membres. (SP)

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