Bruxelles, 22/05/2014 (Agence Europe) - Réunis le 21 mai à Berlin, les dirigeants de la Confédération européenne des syndicats (CES) et du principal regroupement syndical américain, la Fédération américaine du travail et le Congrès des organisations industrielles (AFL-CIO), ont plaidé pour que l'accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis, le TTIP, soit un « accord d'excellence » qui améliore les conditions de vie et de travail des citoyens des deux rives de l'Atlantique.
L'augmentation des échanges transatlantiques peut créer de nouveaux emplois et une prospérité partagée, mais elle doit être bénéfique pour tous les travailleurs, expliquent la CES et l'AFL-CIO dans un communiqué conjoint. « S'ils ont contribué à améliorer les résultats financiers des entreprises, de précédents accords commerciaux conclus par les États-Unis, comme le NAFTA, se sont traduits par des suppressions d'emplois et de droits sur les lieux de travail et par une contraction de la classe moyenne aux États-Unis, au Mexique et au Canada », a rappelé le président de l'AFL-CIO, Richard Trumka. « Il faut en finir avec les politiques commerciales qui ne profitent qu'à quelques privilégiés. Le TTIP doit fonctionner pour les gens, faute de quoi il sera totalement inopérant », a-t-il insisté. « Syndicalistes européens et américains sont unis et apportent leur soutien à un accord transatlantique uniquement s'il promeut les droits des travailleurs, s'il crée des emplois de qualité, s'il respecte les services et marchés publics, les prises de décisions démocratiques et les conventions internationales », a ajouté la secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol.
Pour les deux organisations, le TTIP doit garantir l'adoption et l'application par les deux parties des conventions fondamentales de l'OIT, incluant la liberté des travailleurs de se constituer en syndicat, de négocier collectivement avec les employeurs et de faire grève lorsque cela s'avère nécessaire. Il doit exclure toutes les dispositions - y compris le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) - permettant aux entreprises, banques, fonds spéculatifs et autres investisseurs privés de contourner les processus législatifs, réglementaires et judiciaires habituels. La CES et l'AFL-CIO demandent aussi que le TTIP ne sape pas le rôle de l'État dans son soutien à l'innovation et aux mutations technologiques et qu'il ne limite pas les choix nationaux et locaux en matière d'offre de services publics - dans les soins de santé, l'éducation et la protection de l'environnement, en particulier - mais préserve le droit des gouvernements d'adjuger des marchés publics contribuant à réduire le chômage et à lutter contre les injustices sociales. Le TTIP ne doit fixer une limite aux droits des travailleurs, à la protection environnementale ou à toute autre mesure d'intérêt public mais il doit soutenir l'amélioration continue des normes. Enfin, il doit être aligné sur les accords internationaux de protection de l'environnement et négocié à travers un processus transparent et démocratique. (EH)