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Bulletin Quotidien Europe N° 11078
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) algÉrie

Dialogue « franc et fécond » lors du Conseil d'association

Bruxelles, 13/05/2014 (Agence Europe) - Le 8ème conseil d'association UE/Algérie s'est tenu mardi 13 mai à Bruxelles dans une ambiance « franche et féconde », selon la présidence grecque. Ce conseil d'association a été co-présidé par le vice-Premier ministre grec, Evangelos Venizelos, et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Le commissaire européen à la Politique de voisinage, Stefan Füle, y a participé aussi.

Depuis l'élection présidentielle du 17 avril en particulier, l'Algérie a encore beaucoup d'efforts à mener pour donner corps à son ambition d'être un partenaire incontournable, économiquement et politiquement, selon les Européens. L'Algérie s'est montrée critique. Le ministre algérien a ouvertement exprimé, au cours de la conférence de presse finale, la crainte d'une Europe dominée par les sentiments « racistes, xénophobes et islamophobes », en référence aux résultats attendus des prochaines élections européennes qui accorderaient à l'extrême-droite davantage de sièges au Parlement européen.

« Forte de ses réserves financières, l'Algérie est la moins active dans la politique euro-méditerranéenne », affirme prudemment une source autorisée. Néanmoins, le pays semble assouplir sa position et négocie actuellement un plan d'action au titre de la politique de voisinage. Dans l'ensemble, la prudence semble être la règle pour évoquer les rapports entre l'UE et l'Algérie qui doit encore, selon notre source, confirmer sa volonté de réforme, ouvrir son marché et s'ouvrir plus nettement au jeu démocratique et à l'activité des associations de société civile.

Diplomatiquement, dans la bouche d'Evangelos Venizelos, cela se traduit par l'invitation faite aux Algériens de « se monter encore plus ambitieux ». Il s'agit d'une main tendue à une Algérie qui promet d'aller dans la bonne voie. « Nous nous sommes réjouis de l'évolution positive » telle qu'expliquée par les Algériens, a dit M. Venizelos. Le ministre algérien a souligné « la signification et la portée de l'élection présidentielle du 17 avril » et rappelé l'existence du programme du président Bouteflika prévoyant une « révision consensuelle de la Constitution », un plan quinquennal dont les résultats sont « positifs » et un prochain plan quinquennal (2014-2019), en préparation. « Nous avons parlé de l'énergie, de la réhabilitation de la base industrielle de l'Algérie, du commerce » pour devenir de réels partenaires, a dit M. Lamamra.

M. Lamamra a émis la crainte d'une résurgence de la discrimination en Europe et a « salué toutes les forces politiques européennes » qui s'opposent à de tels courants. Le commissaire Füle a été explicite: « Nous avons réitéré notre offre d'accompagner l'Algérie dans ses réformes politiques, notamment après l'annonce d'une réforme constitutionnelle », a-t-il dit devant la presse. « Nous attendons également des progrès en termes de renforcement de la coopération pour le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques, l'amélioration de la gouvernance et une participation plus active de la société civile, ceci est essentiel pour répondre aux attentes du peuple algérien », a souligné le commissaire.

La déclaration finale du conseil d'association indique que l'UE a « plaidé pour le développement d'une économie de marché diversifiée, efficace et créatrice d'emplois pour tous les Algériens. Elle a réitéré son offre pour une coopération renforcée dans les domaines du transport maritime, de l'environnement, du changement climatique et de l'énergie ». L'UE a « rappelé l'offre européenne (d'un) dialogue sur la migration et la mobilité selon l'approche globale » (y compris la réadmission) ». L'UE s'est par ailleurs « félicitée de l'intérêt porté par l'Algérie dans sa participation dans les programmes euro-méditerranéens ». Un protocole a été paraphé à cette fin. Enfin, l'UE a « réitéré son intérêt pour un partenariat approfondi dans le domaine de la sécurité sur la base d'un mémorandum d'entente à négocier ». L'UE souhaite, dit-elle, « intensifier la mise en oeuvre de sa stratégie pour la sécurité et le développement dans le Sahel et renforcer son dialogue politique avec l'Algérie dans ce contexte ». Les parties ont rappelé leur engagement dans les forums régionaux, euro-méditerranéens et maghrébins. (FB).

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