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Bulletin Quotidien Europe N° 11078
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) compÉtitivitÉ

Approche horizontale requise pour la politique industrielle

Bruxelles, 13/05/2014 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Industrie ont réaffirmé, lors d'une réunion informelle du Conseil Compétitivité, lundi 12 mai à Athènes, la nécessité d'intégrer la question de la compétitivité dans toutes les politiques européennes pertinentes. La présidence grecque, représentée par son ministre de la Compétitivité, Kostas Hatzidakis, et la prochaine présidence italienne, représentée par la ministre italienne du Développement économique, Federica Guidi, ont mis la pression sur la prochaine Commission pour travailler de manière plus horizontale et réduire le fardeau bureaucratique communautaire.

Résumant devant la presse les travaux de la session informelle du Conseil Compétitivité consacrée à l'industrie, M. Hatzidakis n'y est pas allé par quatre chemins pour cibler les lacunes de la politique européenne en la matière dans la dernière décennie. « Pendant des années, l'UE a négligé son industrie et est en train d'en payer le prix: désindustrialisation, moins d'emplois, moins d'investissements, déficit de compétitivité. Depuis 2008, nous avons perdu 4 millions d'emplois dans l'industrie européenne et sa contribution au PIB est tombée de 18% à 15% », a-t-il expliqué. « C'est pourquoi nous devons réviser complètement nos politiques qui impactent l'industrie pour soutenir la compétitivité industrielle et identifier des mesures plus utiles pour combattre le chômage », a ajouté M. Hatzidakis.

Lors de leurs discussions sur les contours d'un cadre commun plus favorable pour l'industrie, donnant suite aux débats du Conseil Compétitivité du 20 février (EUROPE 11023) et aux décisions du Conseil européen de printemps des 20-21 mars (EUROPE 11042), les ministres de l'Industrie se sont accordés sur quatre conclusions clés, résumées par la présidence grecque: - les prix élevés de l'énergie, qui compromettent notamment la compétitivité des industries intensives en énergie, nécessitent une réponse immédiate au niveau européen ; - l'UE doit garantir un environnement plus propice aux entreprises en réduisant la bureaucratie. Si les États membres peuvent assumer certaines initiatives, des initiatives sont aussi nécessaires au niveau de l'UE pour réduire la bureaucratie à son échelle. « Nous devons faire un 'fitness check' pour réduire le fardeau administratif lié à la législation européenne », a insisté M. Hatzidakis ; - l'UE doit soutenir davantage l'innovation, la spécialisation intelligente et des projets importants d'intérêt européen commun, comme les technologies génériques clés ; - la compétitivité industrielle doit être intégrée comme priorité dans tous les domaines des politiques de l'UE. « En Grèce, nous avons mis en place un comité ministériel conjoint pour vérifier qu'il n'y a pas de conflits entre les politiques », a souligné M. Hatzidakis.

Lundi, et en l'absence du commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani, en campagne pour les élections européennes, les débats ministériels ont mis l'accent sur la question de la voie à suivre pour l'intégration de la compétitivité dans les politiques de l'UE. « La prochaine Commission doit travailler de manière coordonnée et horizontale, en intégrant ses politiques en vue de la relance de l'industrie européenne, de la levée des barrières bureaucratiques, de l'amélioration de la législation », a insisté M. Hatzidakis.

À cet égard, la présidence grecque avait aussi invité lundi la ministre italienne du Développement économique, Federica Guidi, qui guidera les travaux du Conseil Compétitivité au prochain semestre, à exposer ses recommandations à propos de l'intégration des politiques. « Pour rester compétitive, l'UE doit porter une attention plus forte à l'industrie manufacturière. L'accent doit être mis sur les PME, en essayant de soutenir autant que possible leur intégration dans les chaînes de valeur mondiale. Bien sûr, la compétitivité industrielle repose aussi sur l'innovation et les connaissances. En tant que présidence italienne, nous allons essayer de soutenir autant que possible l'industrie sur la base de la stratégie pour la ' renaissance industrielle' proposée par la Commission et des conclusions du Conseil européen », a expliqué Mme Guidi, devant la presse. « À travers une approche horizontale, nous allons évaluer l'impact de toutes les décisions majeures du Conseil sur tous les aspects microéconomiques du secteur manufacturier de l'UE. Un des premiers points clés est de trouver le bon équilibre entre le cadre 2030 pour l'énergie et le climat et ses coûts pour la compétitivité de nos industries », a conclu Mme Guidi. (EH)

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