Bruxelles, 22/04/2014 (Agence Europe) - La seconde version de l'initiative européenne en matière de médicaments innovants (Innovative Medicines Initiative - IMI2) a reçu, mardi 15 avril, le soutien du Parlement européen, qui n'a toutefois été consulté que pour avis. Le rapport de la députée Riera Madurell (S&D, espagnole) a été adopté, en séance plénière à Strasbourg, par 560 voix pour, 104 contre et 9 abstentions. Seul le groupe des Verts/ALE a déposé des amendements, mais ceux-ci ont été tous rejetés.
Cette initiative est fondée sur le principe du partenariat public-privé. Elle sera conduite, de juin 2014 à 2024, par la Commission européenne et la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA), en bénéficiant d'un cofinancement à hauteur de 1,7 milliard d'euros en provenance du programme-cadre pour la recherche et l'innovation 'Horizon 2020'. La Commission lui a assigné un triple objectif: accroître le taux de réussite de 30% dans les essais cliniques pour les médicaments prioritaires identifiés par l'OMS ; apporter une preuve du concept clinique pour les maladies immunologiques, respiratoires, neurologiques et neurodégénératives en seulement cinq ans ; réaliser de nouveaux marqueurs de diagnostic qui soient approuvés pour quatre de ces maladies et au moins deux nouveaux médicaments, qui pourraient être soit de nouveaux antibiotiques, soit de nouvelles thérapies pour la maladie d'Alzheimer.
Pour le groupe des Verts/ALE, ces objectifs ont été mal définis. La vice-présidente du groupe, la députée française Michèle Rivasi, a ainsi dénoncé une initiative dont « les objectifs d'innovation fixés ne sont pas forcément connectés avec les besoins sanitaires réels de la population, mais plutôt avec la rentabilité du traitement pour telle ou telle maladie ». Selon elle, cette initiative favorisera « les plus gros » laboratoires pharmaceutiques européens, qui seront « de fait avantagés pour remporter les appels d'offre organisés pour la répartition des fonds pour la recherche ». Cela se fera ainsi au détriment des PME, lesquelles n'auront « d'autre choix que de jouer le jeu de la sous-traitance de la R&D des grands labos », a-t-elle dit. (JK)