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Bulletin Quotidien Europe N° 11064
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

L'UE a appris la doctrine du compromis, les résultats se multiplient

Les compromis au niveau le plus élevé. Il est de plus en plus évident qu'un conflit violent et plus ou moins long entre Russie, États-Unis et Europe n'a jamais été envisagé, ni pris sérieusement en considération par les autorités des trois puissances mondiales. Prises de position, déclarations souvent menaçantes, pressions, demandes parfois brusques de concessions à l'autre partie: on a assisté à tout ça dernièrement ; mais on a eu en même temps la certitude que des arrangements et des compromis étaient souhaités et possibles aux niveaux les plus élevés, pendant que certains continuent à défendre leurs intérêts particuliers avec acharnement, pour bénéficier d'avantages directs souvent injustifiés et (ou) abusifs.

Le compromis de Genève de jeudi dernier ne constitue pas seulement la base pour des résultats futurs dans différents domaines, mais il a surtout enlevé toute légitimité aux forces abusives qui continuent d'œuvrer en Ukraine. Il revient à présent aux autorités reconnues de démanteler abus et avantages indus, de toute nature.

M. Poutine soigne sa publicité. Pendant que son ministre des Affaires étrangères était à Genève, Poutine répondait à la télévision russe aux questions de ses citoyens, lors d'un interminable débat (« La ligne directe ») d'environ cinq heures ! Cette rencontre pittoresque a eu logiquement de très vastes échos, et quelques phrases du président russe méritent d'être rappelées.

Après sa confirmation (prévisible) qu'en Ukraine aucun militaire ou agent secret russe n'est présent au milieu d'une population qui, a-t-il ajouté, est chez elle et ne partira jamais, il a souligné que c'est avec elle qu'il faut traiter, tout en rappelant qu'une partie de l'Ukraine, dont Odessa jusqu'en 1920, a toujours été russe. En réponse à une question, il a affirmé que le président américain Obama le sauverait sans doute en cas de besoin, car c'est « un homme généreux et courageux ». Il a toutefois défini comme « grave » le fait que l'OTAN menace de renforcer ses forces à l'Est alors qu'elle avait promis le contraire, en ajoutant qu'il n'apprécie pas « certaines méthodes de M. Rasmussen ».

Il faut rappeler que le Secrétaire général de l'OTAN sera remplacé en octobre par le norvégien Jens Stoltenberg, qui a été défini à maintes reprises comme « ami de la Russie ». M. Stoltenberg est effectivement très apprécié à Moscou.

Suite au long direct de jeudi 17, les sondages en Russie au sujet de Poutine sont euphoriques, avec des taux de satisfaction avoisinant les 70%.

(FR)

 

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