Bruxelles, 18/03/2014 (Agence Europe) - Le commissaire en charge de la politique de concurrence, Joaquín Almunia, a déclaré, mardi 18 mars, douter que les concertations avec les sociétés plaignantes amènent la Commission européenne à changer sa position en ce qui concerne les engagements qu'est prêt à fournir le géant Google pour répondre aux accusations d'abus de position dominante sur le marché de la recherche en ligne et de la publicité qui y est liée (EUROPE 11040).
« Peut-être que certains arguments des plaignants nous amèneront à changer nos positions, mais je ne pense pas que ce sera le cas », a-t-il répondu, sans toutefois l'exclure totalement, s'adressant au député Pablo Zalba Bidegain (PPE, espagnol), qui l'interpellait à ce sujet mardi matin en commission économique du Parlement européen. Interrogé par Ramon Tremosa i Balcells (ADLE, espagnol), il a notamment balayé les craintes liées au système d'enchère, que certains considèrent de nature à apporter de nouveaux revenus à Google. Le géant américain s'est engagé à faire apparaître, à côté de ses propres liens et de manière clairement visible, ceux renvoyant à trois services concurrents sélectionnés sur la base d'une mise aux enchères. M. Almunia a précisé que le paiement sera effectué par 'clic', ce qui signifie que « ceux qui parviennent à attirer des usagers parce qu'ils sont suffisamment visibles auront à payer » et pas les autres, a-t-il garanti. Il a également indiqué que si Google ne respectait pas ses engagements, les conséquences seraient immédiates et sévères. Et d'ajouter que la Commission n'avait pas « les mains liées » par la période de cinq ans pendant laquelle ces engagements seront valables.
M. Almunia en a profité pour préciser qu'une décision devrait tomber dans quelques semaines sur les engagements fournis par Samsung en regard des multiples actions en justice intentées contre ses concurrents concernant leurs brevets, après la plainte de Apple.
À Arlene McCarthy (S&D, britannique), qui a mené les négociations interinstitutionnelles sur la directive « abus de marché », suite aux scandales liés à la manipulation du LIBOR, il a indiqué que trois banques (PMorgan Chase&Co, HSBC Holdings Plc et Crédit Agricole SA) ainsi qu'un courtier en liquidités (ICAP Plc) faisaient actuellement l'objet d'une enquête sur le LIBOR, plus une autre enquête en cours sur de possibles manipulations du cours du pétrole. La Commission mène également des travaux préliminaires sur des possibles manipulations du marché des changes (Forex).
Enfin, sur le projet de lignes directrices sur les aides d'État pour l'environnement et l'énergie, qui est à l'ordre du jour de la réunion du collège du 9 avril, M. Almunia a précisé que la Commission voulait définir une liste de secteurs qui pourraient bénéficier d'une exemption partielle, choisis sur base de l'intensité électrique et de leur exposition au commerce international ainsi qu'au risque de fuite de carbone. Il a précisé que la Commission était en train de calibrer sa proposition.
Plusieurs députés ont par ailleurs dépeint une image plutôt flatteuse du travail de M. Almunia durant son mandat, alors qu'il s'agissait de sa dernière rencontre avec la commission économique du PE. (EL)