Bruxelles, 18/03/2014 (Agence Europe) - Les Européens ont dénoncé, mardi 18 mars, la décision russe d'annexer la Crimée, alors que le président russe, Vladimir Poutine, a signé un traité sur le rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Russie, qui devrait entrer en vigueur le 25 mars.
« L'Union européenne ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas l'annexion de la Crimée et de Sébastopol à la Fédération de Russie », ont averti les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso, rappelant que l'UE ne reconnaissait « ni le référendum illégal et illégitime en Crimée, ni son résultat ». « La souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Ukraine doivent être respectées », ont-ils rappelé dans un communiqué commun.
Les deux dirigeants ont aussi fait savoir que, conformément à la déclaration du Sommet européen du 6 mars et à leur déclaration sur la Crimée le 16 mars, le Conseil européen des jeudi 20 et vendredi 21 mars examinerait la situation en Ukraine et tenterait de s'entendre sur « une réponse européenne » aux dernières évolutions sur le terrain. Le 6 mars, les chefs d'État et de gouvernement avaient averti que si la Russie prenait d'autres mesures pour déstabiliser la situation en Ukraine, cela aurait des « conséquences graves et importantes pour les relations entre l'Union européenne et ses États membres et la Fédération de Russie qui incluront un large éventail de domaines économiques » (EUROPE 11033).
« La France ne reconnaît ni les résultats du référendum tenu en Crimée le 16 mars dernier, ni le rattachement de cette région d'Ukraine à la Russie », a déclaré le président français, François Hollande, condamnant la signature de ce traité. Selon lui, le Conseil européen « doit fournir l'occasion d'une réponse européenne forte et coordonnée à la nouvelle étape qui vient d'être franchie ».
Le travail sur les sanctions économiques a commencé
Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a annoncé devant le parlement national que « les travaux préparatoires (étaient) en cours pour un troisième volet de sanctions, y compris des mesures économiques et commerciales ». Le Royaume-Uni a déjà décidé d'agir unilatéralement, en suspendant toute coopération militaire avec la Russie. M. Hague a précisé que cette mesure s'appliquait, entre autres, aux licences d'exportations, à la mise au point d'accords de coopération militaire technique, à un exercice naval prévu cette année conjointement avec la France et les États-Unis et aux visites croisées de hauts responsables militaires. « Il a été regrettable d'entendre (ce mardi) que le président Poutine a fait le choix de l'isolement », a-t-il expliqué. « Nous devrions être prêts à envisager un nouveau type de relations entre la Russie et l'Occident dans les prochaines années, comparé aux vingt dernières années », a-t-il ajouté, citant par exemple le retour au format du G7, une coopération militaire réduite et une plus grande indépendance énergétique.
De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a misé sur le dialogue. « Parallèlement aux sanctions prises, nous allons privilégier le dialogue », a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho. Elle a considéré que « l'intégration (de la Crimée) dans la Fédération de Russie (était), nous en sommes absolument convaincus, contraire au droit international ». Selon elle, le 'pseudo' référendum du 16 mars, tout comme la déclaration d'indépendance acceptée par la Russie, sont aussi contraires au droit international.
Avant la signature du traité par M. Poutine, la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, lors d'un débat au Conseil Affaires générales, avait appelé M. Poutine à ne pas annexer la Crimée afin de désamorcer la situation. « Sinon, l'UE est prête à intensifier les sanctions. La primauté du droit et le droit international doivent passer avant les intérêts commerciaux », a-t-elle prévenu.
Le 17 mars, les ministres européens des Affaires étrangères avaient déjà invité la Russie à « ne pas prendre des mesures d'annexion de la Crimée ». L'Ukraine a déclaré qu'elle ne reconnaîtrait « jamais la pseudo indépendance et le pseudo accord sur le rattachement de la Crimée à la Russie ». (CG)