Bruxelles, 18/03/2014 (Agence Europe) - Le Conseil a adopté, mardi 17 mars, une stratégie de l'UE relative au Golfe de Guinée afin d'appuyer les efforts consentis par la région et ses États riverains pour relever les nombreux défis liés à l'insécurité maritime et à la criminalité organisée croissantes auxquelles sont confrontés les pays d'Afrique centrale et de l'Ouest. Cette stratégie couvre les 6 000 km de côtes allant du Sénégal à l'Angola en passant par les îles du Cap-Vert et de Sao Tomé-et-Principe.
Adoptée à dessein avant le Sommet UE-Afrique accueilli à Bruxelles les 2 et 3 avril sur le thème « Investir dans l'humain, pour la prospérité et pour la paix » et qui fera une large place au soutien renforcé de l'UE aux capacités dont dispose l'Afrique pour gérer la sécurité sur le continent, cette stratégie souligne l'importance que l'UE attache à une coopération étroite et globale avec ses partenaires africains, précise le Conseil dans ses conclusions.
« Il est essentiel à présent que nous soutenions les efforts déployés par nos partenaires d'Afrique centrale et de l'Ouest pour affronter les défis complexes que posent l'insécurité maritime et la criminalité organisée, lesquelles mettent en péril la stabilité dans toute la sous-région et font peser une menace croissante sur l'Union européenne également », a déclaré Catherine Ashton, la Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.
À Yaoundé, en juin 2013, les chefs d'État de la région avaient exprimé leur détermination à s'attaquer à ces défis de grande ampleur par une approche régionale commune. Pour soutenir les pays partenaires et les plates-formes de coordination régionales africaines qui se mettent en place, l'UE et ses États membres axeront leur action sur quatre objectifs: forger un consensus sur l'ampleur de la menace dans le Golfe de Guinée et la nécessité de la combattre ; aider les gouvernements de la région à mettre en place des institutions et des capacités afin de garantir la sécurité et l'État de droit ; contribuer au développement d'économies prospères dans les États côtiers ; renforcer les structures de coopération entre les pays de la région, afin que puissent être entreprises des actions transfrontières efficaces en mer et sur terre.
La stratégie reconnaît la nécessité de protéger aussi bien les populations vivant dans la région du Golfe de Guinée que les citoyens européens contre les menaces qui émanent de la région, notamment la piraterie, le terrorisme et le crime organisé, y compris le trafic illicite de migrants, la traite des êtres humains ainsi que le trafic de drogue et d'armes.
L'Union européenne reconnaît l'importance de s'attaquer aux causes profondes et aux facteurs de ces fléaux, dont la pauvreté et la gouvernance déficiente. Le Conseil invite le Service européen pour l'action extérieure et la Commission européenne à proposer les actions requises pour donner corps à cette stratégie et à rendre compte chaque année des progrès accomplis. (AN)