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Bulletin Quotidien Europe N° 11041
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

A. Jarba appelle l'UE à lui donner des armes

Bruxelles, 18/03/2014 (Agence Europe) - Le président de la coalition syrienne, Ahmad Jarba, a appelé, les 17 et 18 mars, lors de différentes conférences au Parlement européen, l'Union européenne à livrer des armes à l'opposition syrienne, ce que les États membres se sont jusqu'alors refusés de faire. « Nous demandons à l'UE de nous fournir des armes anti-missiles aériens en vue de protéger notre population », a-t-il lancé, dénonçant la disparité des ressources disponibles entre l'opposition et les forces du régime. « Nous ne demandons pas des troupes, mais qu'on nous fournisse ce qu'il faut pour faire face au terrorisme », a expliqué M. Jarba. « Nous combattons le terrorisme du régime, celui des mercenaires irakiens, iraniens et du Hezbollah et de ceux liés à Al-Qaïda. J'estime que dans le cadre de ce combat nous avons droit à une aide humanitaire et militaire. Nous souhaitons que l'UE puisse être de notre côté dans cette phase critique », a-t-il souligné, assurant que les armes ne tomberaient pas dans de mauvaises mains.

Holocauste des temps modernes

Il a ainsi appelé à une aide humanitaire supplémentaire, soulignant que si les Syriens ne meurent pas sous les bombes, ils meurent de faim, de manque d'eau potable et de médicaments, ainsi qu'à l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, en vertu de l'article 7, pour mettre fin au siège et identifier des couloirs humanitaires. « Ce qui nous tue le plus c'est le silence complice de la communauté internationale à l'encontre de cette tragédie, de ce crime contre notre peuple », a-t-il ajouté. M. Jarba a qualifié la situation d'« holocauste des temps modernes face à un régime fasciste, le plus grand massacre moderne, une tache sur l'humanité ». Selon lui, la réponse de la communauté internationale est « insuffisante » au vu de l'« ampleur de la catastrophe ». Il a souhaité une autre résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, contraignante et toujours en vertu de l'article 7, pour que les milices armées étrangères soient appelées à quitter le territoire.

M. Jarba a aussi considéré comme « une humiliation », une « insulte envers le peuple syrien », le fait que Bachar el-Assad veuille se présenter aux élections présidentielles qui doivent avoir lieu avant la mi-juillet 2014 et la fin de son mandat actuel. « On ne peut même pas organiser une élection municipale », a-t-il rappelé, mettant en doute la possibilité d'organiser une élection au niveau national et refusant le calendrier.

Menace sur une suite de Genève 2

Le président de la coalition a averti que l'opposition pourrait ne plus participer, dans les conditions actuelles, à des négociations politiques dans le cadre de la conférence pour la paix dite Genève 2. « Il est nécessaire de réfléchir à l'après-Genève. Il pourrait y avoir d'autres conférences mais, à mon avis, cette conférence restera orpheline, compte tenu du fait que le régime ne veut pas coopérer », a-t-il prévenu. « Nous avons accepté d'aller à Genève, mais si le régime est responsable de l'échec des négociations, alors, dans ce cas, amis et alliés doivent prendre une position pour défendre les civils et leur apporter l'aide militaire et humanitaire », a une nouvelle fois martelé le président de la coalition nationale syrienne. Pourtant « en fin de compte, la solution doit être politique », a-t-il jugé. « Il faut une véritable pression militaire pour arriver à une solution politique au conflit », a expliqué M. Jarba. (CG)

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