Bruxelles, 14/03/2014 (Agence Europe) - Le prix Nobel de la paix en 2003, l'Iranienne Shirin Ebadi, a appelé, mercredi 12 mars, l'UE à être prudente et à mettre des pré-conditions avant d'entamer un dialogue sur les droits de l'homme avec l'Iran et d'ouvrir une délégation sur place. « S'il y a une levée des sanctions (liée aux droits de l'homme et comme demandé par le gouvernement iranien) sans pré-conditions et que l'UE ouvre une délégation en Iran, et si un dialogue sur les droits de l'homme est lancé, le gouvernement n'aura aucune raison d'essayer d'améliorer les droits de l'homme, du coup le statu quo va perdurer », a-t-elle averti lors d'une conférence de presse. Ainsi, selon elle, il faut poser des conditions au gouvernement iranien: demander l'arrêt des exécutions en public, la fin de la peine de mort pour les mineurs, permettre au rapporteur spécial de l'Onu pour l'Iran d'accéder au pays et appliquer la loi qui permettrait à la minorité baha'ie de pouvoir aller à l'université.
« Il faut dire aux entrepreneurs européens de faire preuve de prudence. Ils ne devraient pouvoir s'établir en Iran que quand l'État de droit sera rétabli et respecté dans le pays », a ajouté le prix Nobel précisant que sans cela « il leur sera impossible d'être sûrs de conserver leurs actifs ».
Pour Mme Ebadi, la situation des droits de l'homme dans son pays s'est aggravée depuis l'investiture du président Hassan Rohani en août. Elle a expliqué que plusieurs lois violant les droits de l'homme ont été adoptées depuis son arrivée.
En 2013, 741 personnes auraient été exécutées en Iran, dont 11 mineurs, et plus de 400 activistes politiques seraient en prison, tout comme une centaine de défenseurs des droits de l'homme et de la société civile. En 2014 (chiffres jusqu'au 11 mars), 199 personnes ont été exécutées. Entre 2000 et 2013, plus de 17 000 personnes auraient été flagellées. (CG)