Bruxelles, 14/03/2014 (Agence Europe) - Le Parlement européen a demandé, jeudi 13 mars, à l'Union européenne de sanctionner l'Ouganda et le Nigeria, à la suite du vote de lois anti-homosexuels dans ces pays.
En adoptant une résolution commune, les députés appellent la Commission européenne et les États de l'UE à « réexaminer leur stratégie d'aide à la coopération au développement à l'égard de l'Ouganda et du Nigeria et d'accorder la priorité à la réorientation de l'aide vers la société civile et d'autres organisations ». Selon les députés, les lois adoptées en décembre 2013 en Ouganda et au Nigeria, qui prévoient de lourdes peines de prison à l'encontre des homosexuels, constituent de « graves menaces » pour les droits de l'homme.
Les députés européens demandent à la Commission d'entamer « d'urgence un dialogue politique renforcé » avec l'Ouganda et le Nigeria, comme le prévoit l'accord de Cotonou signé entre l'UE et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Si ce dialogue ne porte pas ses fruits, l'UE a la possibilité de suspendre partiellement ou totalement l'accord de Cotonou en invoquant des violations graves des droits de l'homme, comme le prévoit l'article 96 de l'accord. Intervenant au nom de la Commission européenne, le commissaire Janusz Lewandowski a jugé « prématuré » un « recours immédiat » à l'article 96. En outre, « nous avons déjà des discussions très franches avec les autorités des deux pays », a-t-il précisé en soulignant qu'un dialogue renforcé allait être lancé le 28 mars avec l'Ouganda, pour lequel l'aide budgétaire est déjà « gelée dans la pratique » (l'examen d'un nouveau déboursement de 24,9 millions d'euros a été reporté sine die par l'UE). La Commission va mener un dialogue renforcé au cours du mois de mars avec le Nigeria. (LC)