Bruxelles, 14/03/2014 (Agence Europe) - Le secrétaire d'État portugais chargé des réformes structurelles, Carlos Moedas, a vanté, vendredi 14 mars à Bruxelles, les progrès réalisés par son pays alors que celui-ci sortira de son programme d'ajustement en mai prochain.
« Le Portugal remplira sa part du contrat » en réformant son économie, a déclaré M. Moedas. Il a cité les mesures de simplification de la vie des entreprises à travers l'application de la directive 'services' (système national d'autorisation), la réforme du système judiciaire, la suppression de situations de rente dans certains marchés (télécommunications, pharmacie) ainsi que la flexibilisation du marché du travail (contrat unique, aménagement des horaires en fonction de la conjoncture).
Entreprendre des réformes structurelles au même moment dans l'UE n'a-t-il pas un impact négatif cumulé sur l'économie européenne ? Non, a estimé M. Moedas, pour qui l'absence de réformes dans un autre pays se fait aussi au détriment du Portugal. « Les pays faisant partie d'une union monétaire peuvent se réformer. Certes, avec des sacrifices énormes pour la population », a-t-il considéré. Mais, en réformant, « on augmente la taille du gâteau » à partager à long terme. Et d'ajouter: les réformes sont « l'unique moyen » de conserver le modèle social qui n'existe nulle part ailleurs qu'en Europe.
En 2014, Lisbonne devrait sortir de la récession (chute du PIB en 2013) et renouer avec la croissance à hauteur de 0,8% du PIB, selon les prévisions économiques d'hiver de la Commission européenne. Le déficit public portugais devrait atteindre 5,9% du PIB en 2013 et 4% en 2014, respectant la trajectoire identifiée dans le programme. À nouveau, notre pays ne dépense pas plus qu'il ne gagne, a souligné M. Moedas, prévoyant un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 0,3% du PIB en 2014. Le secteur bancaire national a été consolidé (ratio de solvabilité CET1 supérieur à 12% et ratio emprunts/dépôts proche de 120).
La dette publique a, en revanche, explosé passant de 10% en 1996 à près de 130% du PIB en 2013. Malgré une embellie l'été dernier, le chômage devrait continuer à augmenter en 2014 pour atteindre 16,8%.
Une économie tournée vers l'export. Le programme d'ajustement a profondément modifié la nature de l'économie portugaise, dont le salut passe désormais par la croissance des exportations. Entre 2010-2013, la croissance des exportations portugaises a atteint près de 25%, tandis que les importations ont reculé d'environ 3% sur la même période, a indiqué M. Moedas. La part des exportations dans la croissance du PIB portugais avoisine désormais 40%.
Le secrétaire d'État portugais n'a, par ailleurs, pas donné d'indication sur les modalités que les autorités portugaises choisiront pour sortir du programme d'ajustement qu'elles appliquent depuis 2011 en échange d'une aide financière internationale de 78 milliards d'euros (dont 26 milliards du FMI) . La décision de sortir seul du programme, comme l'a fait l'Irlande, ou en demandant une ligne de crédit préventive conditionnelle du Mécanisme européen de stabilité (MES), ne sera prise qu'au dernier moment. (MB)