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Bulletin Quotidien Europe N° 11025
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) brÉsil

Des partenaires stratégiques pressés de renforcer leurs liens

Bruxelles, 24/02/2014 (Agence Europe) - Outre converger vers un accord d'association et de libre-échange de bloc à bloc UE/Mercosur, l'UE et le Brésil veulent accroître leur coopération plurisectorielle.

Comme prévu, le chapitre des relations commerciales entre deux économies étroitement liées - l'UE est le premier partenaire commercial du Brésil (débouché pour 20% des exportations du géant sud-américain, et à la source de 20% de ses importations) qui est lui-même son huitième partenaire commercial - a dominé l'agenda du 7ème sommet UE/Brésil, le 24 février à Bruxelles.

Les dirigeants européens - les présidents Herman Van Rompuy (Conseil) et José Manuel Barroso (Commission) - et leur hôte brésilienne, la présidente Dilma Rousseff, se sont notamment expliqués sur les frictions bilatérales relatives aux encouragements fiscaux (exonérations sélectives et allégements de taxes) accordés par Brasilia à l'industrie nationale, dossier récemment porté par l'UE à l'OMC, où des consultations ont été lancées en décembre 2013 (EUROPE 10988). Lundi, Mme Rousseff a défendu la zone franche de Manaus et les incitations fiscales utilisées pour fournir à la région amazonienne des moyens économiques alternatifs à l'exploitation de la forêt amazonienne. La présidente brésilienne s'est dite « étonnée » par le recours européen contre une initiative qui « respecte les critères du développement durable », et dont le seul but est d'éviter l'exploitation massive d'une forêt considérée comme l'un des plus grands réservoirs terrestres de biodiversité. « L'UE n'a aucune objection de principe contre la zone franche de Manaus. Nous comprenons le besoin d'une discrimination positive pour préserver la forêt amazonienne. Mais nous avons des doutes concernant un instrument utilisé », a expliqué pour sa part M. Barroso, se disant confiant qu'Européens et Brésiliens trouveront une solution au plan technique sur ce dossier.

Toujours sur le chapitre commercial, les parties européenne et brésilienne ont réaffirmé, lundi, leur soutien au processus de négociation d'un accord d'association entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela), incluant un accord de libre-échange. Mieux, M. Barroso et Mme Rousseff ont communiqué une date - le 21 mars - pour une réunion technique visant à évaluer la possibilité d'un échange des offres sur l'accès au marché dans les mois à venir. « Cette réunion permettra d'évaluer que les conditions d'un échange des offres sont remplies, (…) de vérifier le niveau des ambitions de chacun », a expliqué M. Barroso. Après une dizaine de sessions de discussions techniques depuis la relance des négociations en 2010, l'échange des offres sur l'accès au marché, initialement programmé à l'automne 2013, a été perturbé tant par la suspension temporaire du Paraguay du bloc sud-américain (suite au putsch parlementaire en 2012), que par les tensions commerciales entre l'UE et l'Argentine, et les difficultés du bloc sud-américain à s'entendre sur son offre. Mais lundi, Mme Rousseff, qui s'est dite « très engagée » en faveur de ce processus, a plusieurs fois réaffirmé l'empressement du Brésil de conclure un accord commercial avec l'UE, accord qui permettrait notamment de compenser la perte des préférences commerciales découlant du nouveau SPG en vigueur depuis début 2014. « Nous sommes, pour la première fois, prêts pour la conclusion d'un accord. Le moment est venu d'y aboutir », a insisté la présidente brésilienne. « Cet accord sera stratégique, car il prévoit la réalisation d'un espace économique entre l'Europe et l'Amérique latine », a renchéri M. Barroso. En plus de la libéralisation tarifaire, cet accord couvrirait les barrières non tarifaires, les services, l'investissement et les marchés publics. Nouveau venu dans le bloc sud-américain, le Venezuela, en phase d'adaptation, ne fait pas partie des négociations.

Au-delà du chapitre commercial, dirigeants européens et brésiliens ont affirmé lundi leur souhait de renforcer la coopération entre deux économies liées depuis 2007 par un partenariat stratégique qui couvre déjà 30 domaines. Dans ce contexte, l'UE et le Brésil ont signé un plan d'action conjoint sur la compétitivité et l'investissement. Dirigeants européens et brésiliens ont aussi affirmé leur soutien au projet de consortium pour un câble sous-marin en fibre optique qui relierait Lisbonne et Fortaleza. Les parties ont aussi salué les progrès de la coopération en matière de science et technologies et d'éducation (programme d'échange 'science sans frontières' et participation du Brésil au programme de l'UE Horizon 2020). Enfin, elles ont salué les premiers pas du dialogue sur la paix et la sécurité internationale et sur les stupéfiants, et convenu d'étendre ce dialogue à la lutte contre la corruption, au blanchiment d'argent et au trafic de drogue.

Sur les questions internationales, l'UE et le Brésil ont convenu de lancer un dialogue international sur la cyber-sécurité, qui pourrait voir le jour lors de la prochaine conférence sur la gouvernance de l'Internet, les 23 et 24 avril à Sao Paulo. Dirigeants européens et brésiliens ont réaffirmé leur engagement en faveur du processus G20 ainsi que pour la lutte contre le changement climatique et un accord international climatique en 2015. Enfin, les parties ont réaffirmé leur engagement pour la stabilité et la sécurité en Haïti, leur soutien au processus de paix dans le conflit israélo-palestinien et aux processus de pacification en Syrie et en Afrique (Sahel/Afrique de l'Ouest, Mali, Guinée Bissau, RCA, Sud Soudan). (EH)

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