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Bulletin Quotidien Europe N° 11006
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Le voeu d'un espace commun reste un rêve pour longtemps

Bruxelles, 28/01/2014 (Agence Europe) - Malgré leur volonté affichée de renforcer leur interdépendance économique et commerciale, Européens et Russes peinent à surmonter leurs divergences.

Au-delà du dossier ukrainien et des questions internationales, le nouvel accord de coopération, le partenariat pour la modernisation, l'énergie et le commerce étaient, comme à l'accoutumée, à l'ordre du jour du 32ème sommet UE/Russie le 28 janvier à Bruxelles. Et sur l'économie, les présidents Herman Van Rompuy (Conseil européen) et José Manuel Barroso (Commission) et leur hôte russe Vladimir Poutine n'ont une fois encore pas caché que, en dépit d'une forte interdépendance économique, que Barroso rêve de voir devenir « un espace économique commun de Lisbonne à Vladivostok », les vieilles divergences demeurent.

Des sujets de divergences dans le domaine commercial et énergétique sont devenus « permanents », a admis M. Barroso. Telle la question du survol de la Sibérie par les compagnies aériennes européennes, sur la table depuis son premier sommet en 2004 avec « [son] ami » Poutine. Sommet après sommet, « il nous faut nous mettre d'accord sur nos désaccords », a toutefois plaisanté le chef de l'exécutif européen. Mardi, sur le volet commercial, l'UE a de nouveau signifié son impatience face au non respect par la Russie de certains de ses engagements en matière de libéralisation à l'OMC. M. Poutine n'a quant à lui pas manqué de rappeler l'agacement de la partie russe envers les mesures antidumping européennes contre certains de ses produits. La Russie a d'ailleurs lancé, début janvier, une procédure à l'OMC contre les mesures antidumping de l'UE visant ses exportations de nitrate d'ammonium et ses produits en acier.

Concernant le chapitre de l'énergie, où les relations restent polluées, le malentendu persiste entre Bruxelles et Moscou sur les règles du 3ème paquet de libéralisation du marché intérieur de l'énergie de l'UE. S'il a reconnu des divergences continuelles sur ce dossier, M. Poutine a, pour une fois, relativisé devant la presse, parlant de différences se limitant à des « questions techniques », et se disant confiant qu'elles pourront être résolues, comme dans le cas des problèmes survenus dans le cas du gazoduc Nord Stream. « Avec le temps, il y a toujours des progrès même sur les dossiers les plus difficiles », a-t-il insisté. M. Barroso a pour sa part réexpliqué à son hôte russe que le 3ème paquet - et son principe du dégroupage des activités de fourniture et de transport des opérateurs énergétiques (unbundling) - est « important » pour l'UE, et qu'il « ne cherche pas à discriminer les entreprises russes mais qu'il s'adresse à toutes les entreprises de l'UE comme des pays tiers », précisant néanmoins que Bruxelles et Moscou sont « prêts à un dialogue constructif sur les normes énergétiques ». Européens et Russes ont convenu d'un groupe de travail pour discuter des questions juridiques et techniques pour réduire les dissensions sur le projet de gazoduc South Stream (EUROPE 11001).

Ces divergences mises à part, dirigeants européens et russes, toutefois limités par le temps dans le cadre d'un sommet au format réduit, ont discuté des moyens de relancer les laborieuses négociations, lancées en 2008, pour le nouvel accord de partenariat et de coopération, qui vise à remplacer le vieil accord de 1994, pour régir la coopération politique, les dialogues sectoriels et les relations commerciales et d'investissement. Devant la presse, M. Van Rompuy a dit espérer « des progrès suffisants » au printemps pour relancer ce processus à l'occasion du prochain sommet bilatéral, le 3 juin à Sotchi.

Les leaders ont également longuement discuté du Partenariat oriental, des accords d'association proposés par l'UE et de l'union douanière entre le Belarus, le Kazakhstan et la Russie. Ils se sont ainsi mis d'accord pour poursuivre des consultations bilatérales au niveau des experts sur les accords d'association du Partenariat oriental et leurs conséquences économiques sur les deux parties. M. Poutine a, à plusieurs reprises devant la presse, mis en avant les conséquences négatives possibles du Partenariat sur l'industrie russe. « Ce n'est pas une question politique, c'est l'intérêt économique qui domine », a-t-il insisté. « La Russie a toujours respecté et va toujours respecter les droits souverains de nos partenaires. Nous avons ce respect pour les pays de l'ex-URSS et tous les autres. Chaque pays doit prendre des décisions qui concernent ces droits fondamentaux d'une manière indépendante », a souligné le président russe, ajoutant que les divergences sont liées aux conséquences de la signature des accords sur l'économie russe. Les Européens ont accusé à plusieurs reprises, lors du recul de l'Ukraine à signer l'accord d'association, la Russie de faire pression sur Kiev et de ne pas respecter sa souveraineté. Mardi, le président Poutine a toutefois promis que le contrat gazier préférentiel promis à l'Ukraine ne serait pas revu si le gouvernement ukrainien venait à changer.

Enfin, dirigeants européens et russes ont discuté de la situation des droits de l'homme en Russie et dans l'UE et des questions internationales telles que la Syrie, l'Afghanistan, le processus de paix au Proche-Orient et la lutte contre la piraterie dans la corne de l'Afrique. Européens et Russes ont signé une déclaration commune pour combattre le terrorisme, réaffirmant leur « ferme intention de coopérer dans la lutte contre le terrorisme, fondée sur le respect de l'état de droit et des droits de l'homme ». (EH/CG)

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