Bruxelles, 03/12/2013 (Agence Europe) - Les sociétés civiles tunisienne et européenne se mobilisent contre l'accord de « mobilité » dont la signature, annoncée pour le 5 décembre, pourrait être cependant reportée, croit-on savoir. Il s'agit à ce stade d'un « accord politique » entre l'UE et la Tunisie ; cela laisse supposer que les détails restent à négocier. Il fixe cependant l'objectif principal qui est d'enclencher une coopération aussi bien pour faciliter l'accès, limité, des Tunisiens au territoire européen que pour faire obligation à la Tunisie d'endiguer les flux de migrants venant de pays plus au sud. Les associations regrettent aussi de n'avoir pas été consultées et demandent à l'être. Sur le fond, elles marquent leurs nettes réserves.
Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (REMDH), Migreurop, l'Association européenne pour la défense des droits de l'homme (AEDH) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) plus le principal syndicat tunisien, l'UGTT, la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et plusieurs autres associations de la société civile s'élèvent contre l'accord et en pointent ce qu'elles semblent percevoir comme des déviances flagrantes à l'égard du droit international.
Les associations demandent à l'UE de « mettre fin à sa politique d'externalisation de ses contrôles migratoires ». Elle doit, écrivent-elles dans un texte commun, « corriger profondément l'approche sécuritaire de sa politique de gestion des migrations ». Elle est priée aussi de « suspendre les négociations » avec la Tunisie « jusqu'à ce que cette dernière soit dotée d'autorités stables, d'une assemblée parlementaire élue dotée de toutes les prérogatives concernant ces domaines ». La Tunisie devrait au préalable, selon leurs vues, se mettre en conformité avec les normes internationales en matière de migrations. Et, surtout, il est demandé d'« exclure la clause de réadmission » que l'UE ne serait pas en droit d'exiger et à la Tunisie d'accepter de la signer. L'UE doit, disent les associations, « s'engager sur une politique de mobilité réelle pour les Tunisiens, qui ne se limite pas aux personnes très qualifiées mais concernerait tous les ressortissants de ce pays ».
La Tunisie, pour sa part, doit adopter « un moratoire » et suspendre les accords migratoires en cours ou en négociation avec l'UE comme avec ses États membres car ils violeraient « les droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile » qui seraient en l'état « contraires aux traités internationaux ». (FB)