Bruxelles, 03/12/2013 (Agence Europe) - Dans la perspective du renouvellement partiel du conseil d'administration de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), prévu en juin 2014, une représentante du lobby de l'industrie agroalimentaire en Europe figure sur la liste des candidats présélectionnés par la Commission européenne (DG Sanco), ce qui est inacceptable, a dénoncé, mardi 3 décembre, l'organisation Corporate Europe Observatory (CEO).
Beate Kettlitz, qui occupe actuellement un poste de dirigeant au sein de FoodDrinkEurope, figure sur la liste restreinte de 23 candidats publiée par la Commission. Or, de l'avis de Corporate Europe Observatory, c'est incompatible avec l'indépendance requise pour une instance pivot de la sûreté alimentaire dans l'UE, chargée de l'évaluation des risques pour les questions liées à la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, y compris les plantes génétiquement modifiées, les pesticides et les additifs alimentaires.
« Le fait que la Commission ait de nouveau présélectionné un lobbyiste de l'industrie agroalimentaire est un signal incompréhensibe pour tous ceux qui ont le souci de la protection des consommateurs et de l'environnement. Une professionnelle de ce type au sein du conseil d'administration de l'EFSA serait, par définition, une menace permanente pour l'indépendance de l'agence de sécurité des aliments de l'UE », déclare Martin Pigeon, au nom de CEO. C'est la deuxième fois que la Commission tente de nommer des représentants de FoodDrinkEurope comme membres du conseil d'administration de l'EFSA. Il y a un an, c'est Mella Frewen, actuelle directrice générale de FoodDrinkEurope, qu'elle avait tenté de nommer, mais le Parlement et le Conseil s'y étaient opposés, rappelle Corporte Europe Observatory.
Sept sièges sont à renouveler au sein du conseil d'administration de l'EFSA et, sur la liste restreinte de la Commission, quatre autres personnes ont des intérêts avec l'industrie agroalimentaire, souligne le CEO. La Commission s'est toujours défendue de ces reproches en arguant qu'aux termes de la législation, quatre des 14 membres du conseil d'administration doivent avoir une expérience dans des organisations représentant les consommateurs et d'autres intérêts dans la chaîne alimentaire. Mais nulle part il n'est mentionné que l'industrie agroalimentaire doit être impliquée, rétorque Corporate Europe Observatory. (AN)