Bruxelles, 03/12/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, a annoncé, le 3 décembre devant son parlement, que « l'Ukraine allait poursuivre son intégration européenne et qu'une délégation gouvernementale se rendrait à Bruxelles la semaine prochaine ». La porte-parole de la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, n'a pas été en mesure de confirmer l'information, précisant que la date ou encore le niveau de représentation ne sont pas encore connus et que cela sera déterminé « par la voie diplomatique ». De son côté, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjörn Jagland, se rend ce 4 décembre à Kiev pour rencontrer les dirigeants des partis au parlement, le président de ce parlement, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères.
Pardon pour la violence. Lors de son intervention, en russe, à la Rada, M. Azarov a également demandé pardon « au nom du gouvernement (…) pour les agissements des forces de l'ordre. Le président et le gouvernement le regrettent profondément ». Il a précisé qu'il allait en tirer des « conclusions fermes » et qu'il y aurait des remaniements ministériels. Il a appelé les manifestants, qui bloquent depuis la veille le siège du gouvernement, d'arrêter. « Vous violez ainsi le code pénal et vous en serez tenus responsables », leur a-t-il lancé.
La veille, lors d'une rencontre avec les ambassadeurs de l'UE, il avait considéré que les manifestations en cours dans son pays « ressemblaient à un coup d'État ». « Ce qui se passe présente tous les signes d'un coup d'État. C'est une chose très sérieuse. Nous faisons preuve de patience, mais nous ne voulons pas que nos partenaires pensent que tout leur est permis », aurait-il expliqué, selon des agences ukrainiennes. « Je m'adresse aux ambassadeurs: faites tout ce que vous pouvez pour appeler les opposants à ne pas avoir recours à la violence envers les représentants des forces de l'ordre, à renoncer au langage des ultimatums et à venir à la table des négociations », a-t-il ajouté.
Le président russe, Vladimir Poutine, a lui considéré que les événements « ressemblent plus à un pogrom qu'à une révolution ». « Cela n'a pas grand-chose à voir avec les relations de l'Ukraine avec l'Union européenne », a-t-il ajouté.
Pour sa part, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et la Fédération européenne des journalistes (FEJ ) ont fermement condamné les attaques brutales des forces de sécurité ukrainiennes contre les journalistes couvrant les manifestations de masse à Kiev. Plus de 50 journalistes auraient été blessés.
Rejet de la motion contre le gouvernement. Par ailleurs, le parlement ukrainien, la Rada, a rejeté, le 3 décembre, la motion de défiance contre le gouvernement. Le parti de la majorité, le Parti des Régions, n'a pas participé au vote et le texte soutenu par trois groupes d'opposition n'a obtenu que 186 voix alors que 226 étaient requises au minimum. (CG)