Bruxelles, 14/11/2013 (Agence Europe) - L'UE a beau avoir été secouée en 2012 par de multiples faillites d'entreprises, suivies par des plans de licenciement, le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) n'a pas été utilisé par les États membres à la hauteur de son potentiel. Selon un rapport adopté par la Commission européenne, jeudi 14 novembre, seuls 9 États membres ont demandé en 2012 la mobilisation du FEM pour un montant de 58,5 millions d'euros, alors que 500 millions étaient potentiellement disponibles.
Pour le commissaire Laszlo Andor (Emploi), le FEM s'est pourtant « avéré être un instrument efficace pour aider les travailleurs ayant perdu leur emploi, et notamment les demandeurs d'emploi moins qualifiés et défavorisés », a-t-il dit, en présentant le rapport à la presse. Le rapport indique que « les résultats sur le plan de la réinsertion professionnelle sont encourageants, compte tenu de la situation actuellement difficile sur le marché du travail ». En 2012, le FEM a subventionné des programmes d'aide à la réinsertion qui ont touché environ 15 700 travailleurs licenciés. Son taux de succès estimé est d'environ 50%, c'est-à-dire qu'un travailleur licencié sur deux, dans les années précédentes, a retrouvé un travail avant la fin de la période d'aide.
La Commission accorde donc une note positive au FEM, tout en se réjouissant que l'existence de ce fonds soit finalement garantie dans le prochain cadre financier pluriannuel. Seul point, mais pas des moindres, qu'elle déplore: alors que le champ d'action du FEM a été étendu (retour de la dérogation de crise, inclusion des travailleurs à durée déterminée, des indépendants et des jeunes chômeurs), son enveloppe budgétaire annuelle passera de 500 millions d'euros à 150 millions. La Commission avait proposé 429 millions.
Mais le paradoxe de cette situation, c'est que pas un seul de ces seuils de financement n'a été atteint depuis la création du FEM en 2007. Au mieux, ce sont 135 millions qui ont été réclamés en un an. L'année 2012 n'offre guère un meilleur exemple, puisque le recours au FEM a encore diminué de 43% en un an. Cela s'explique en partie par des changements décidés fin 2011: le taux de cofinancement a été réduit et le recours au fonds ne pouvait plus se justifier en raison de la crise économique. (JK)