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Bulletin Quotidien Europe N° 10963
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Les effets économiques de l'accord UE/Cap-vert sont importants

Bruxelles, 14/11/2013 (Agence Europe) - Les effets économiques induits par l'accord de pêche entre l'UE et le Cap-Vert sont, dans l'ensemble, « importants du fait du niveau élevé des captures ». C'est ce qui ressort d'une étude publiée le 13 novembre sur une évaluation de cet accord.

Le protocole en cours couvre la période allant du 1er septembre 2011 au 31 août 2014. La contrepartie financière annuelle versée par l'UE s'élève à 435 000 euros. L'APP (accord de partenariat dans le secteur de la pêche) autorise jusqu'à 28 thoniers senneurs de l'UE (dont 16 pour l'Espagne et 12 pour la France), 35 palangriers de surface de l'UE (dont 26 pour l'Espagne et 9 pour le Portugal) et 11 thoniers canneurs (dont 7 pour l'Espagne et 4 pour la France) à pêcher dans les eaux capverdiennes.

Selon ce rapport d'évaluation, le compte d'exploitation de la flotte de thoniers senneurs et des palangriers est « globalement positif ». La valeur ajoutée créée, de l'ordre de 3,4 millions d'euros au cours des 16 mois d'application du protocole (soit 2,1 millions d'euros en moyenne pondérée annuelle), revient à 71% à l'UE, à 17% au Cap-Vert par les droits d'accès, les marins embarqués et les transbordements dans le port de Mindelo et à 13% aux autres pays du groupe ACP de l'Afrique de l'Ouest du fait des débarquements, transbordements et ravitaillements dans les ports d'Abidjan et de Dakar. « Le Cap-Vert ne profite que très peu de l'activité économique engendrée par les navires de l'UE dans sa ZEE puisqu'aucun poisson n'est débarqué », souligne cependant le rapport.

Le rapport montre qu'en 2011 (1er septembre - 31 décembre), le taux d'utilisation des autorisations de pêche était de 50% pour les thoniers senneurs, 86% pour les palangriers de surface et 64% pour les canneurs. En 2012, il était respectivement de 82, 83 et 73% et en 2013 (6 premiers mois de l'année) de 79, 11 et 73%. Le tonnage de référence (5 000 t) a été dépassé en 2012 avec un volume total de capture de 5 700 t.

Les revenus obtenus par le Cap-Vert (contrepartie financière et redevances des armateurs) sont de près de 200 000 euros en 2011 (pour une période de 4 mois) et 630 000 euros en 2012. Les armements contribuent à ces revenus à hauteur d'environ 35%. Chaque euro de la contrepartie financière génère une création de valeur ajoutée brute directe pour l'UE de 4,2 euros. À titre de comparaison, ce ratio est de 2,7 pour l'APP entre l'UE et la Côte d'Ivoire. « L'APP entre l'UE et le Cap-Vert est donc un accord avantageux sur le plan de l'investissement public. L'importance quantitative des captures constitue la principale raison de cette bonne performance », explique le rapport.

Le rapport explique aussi que le coût réel des possibilités de pêche est très raisonnable par rapport aux captures et que le budget de l'appui sectoriel est trop faible pour entreprendre des actions ayant une envergure suffisante pour générer des effets tangibles.

L'examen de la conformité de l'APP montre que s'il répond aux attentes des armateurs, il risque toutefois de heurter l'opinion publique compte tenu du ciblage des requins par les palangriers de l'UE en lieu et place des espadons et thons. « L'amalgame entre les espèces menacées, très peu capturées par les navires de l'UE, et les autres comme le requin bleu risque en effet d'être fait », souligne le rapport.

En conclusion, les auteurs du rapport soulignent que l'évaluation prospective a démontré l'intérêt des armements de pêche de l'UE à ce que l'UE et le Cap-Vert concluent un nouveau protocole. Le nombre de possibilités de pêche pour les thoniers senneurs devrait alors rester « proche » de celui du protocole en cours, celui des palangriers et des canneurs doit faire l'objet d'une discussion avec les armements. La durée du protocole devrait être comprise entre quatre et six ans afin d'assurer une meilleure mise en oeuvre de l'appui sectoriel, selon le rapport. « Une révision des coûts d'accès doit être entreprise afin de les ramener à des niveaux financièrement acceptables pour les armements en cas de faible niveau de captures ». Enfin, selon le rapport, un mécanisme réellement incitatif doit être étudié et mis en place afin de favoriser les débarquements des navires de l'UE.

Le premier accord de pêche conclu entre l'UE (alors la Communauté économique européenne) et la République du Cap-Vert avait été signé le 24 juillet 1990. Depuis cette date, ce sont 6 protocoles qui ont été appliqués, dont 2 dans le cadre de l'accord de partenariat dans le domaine de la pêche (APP) entré en vigueur au 1er septembre 2007. (LC)

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