Bruxelles, 14/11/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, a annoncé que l'Irlande sortirait de son plan d'aide sans soutien additionnel de ses créanciers, jeudi 14 novembre.
« Nous sortirons du plan de sauvetage dans une position solide », a assuré M. Kenny, lors d'une allocution au parlement national. « Cela fait trois ans que le gouvernement irlandais se prépare à un retour à des conditions normales de refinancement », a-t-il ajouté (EUROPE 10962). « Nous pensons que c'est le bon moment pour sortir du programme. Ce ne sera peut-être pas toujours le cas », a confirmé le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, à son arrivée à Bruxelles. Il a évoqué les 256 actions entreprises en trois ans avec pour seul objectif de restaurer la crédibilité d'un pays « normal » de la zone euro. Demander une ligne de crédit préventive ('ECCL') du Mécanisme européen de stabilité (MES) nous obligerait à prendre, dans un an, la décision que nous prenons aujourd'hui alors que nous ne savons pas quelle sera la situation à ce moment, a-t-il encore considéré. Selon lui, la baisse des taux de la BCE crée justement un environnement favorable.
D'après l'analyse du gouvernement irlandais, « la meilleure option pour l'Irlande » est de sortir du programme comme prévu en décembre sans faire appel à un filet de sécurité préétabli, a confirmé la Représentation du pays auprès de l'UE, dans un communiqué. Elle cite plusieurs raisons telles que les conditions de marché qui sont favorables, le taux d'intérêt à 10 ans de l'obligation irlandaise fluctuant autour de 3,5%. Le Trésor irlandais détient également une enveloppe de 20 milliards d'euros qui permettra au pays d'honorer ses engagements financiers jusqu'à début 2015. Autre raison: les finances publiques en ligne avec les objectifs fixés au titre du Pacte de stabilité et de croissance. En 2014, Dublin se donne l'objectif de réduire son déficit excessif de 4,8% du PIB et d'atteindre au moins l'équilibre budgétaire avant service de la dette.
« C'est un beau jour pour l'Irlande et les Irlandais. C'est la preuve qu'une mise en oeuvre déterminée d'un agenda complet de réformes peut renverser la situation économique d'un pays et le remettre sur une trajectoire marquée par une croissance durable et une hausse de l'emploi », s'est félicité le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn. Selon les prévisions d'automne de la Commission, la croissance irlandaise ne sera pas très ferme (+0,8% en 2013 et +0,9% en 2014), tandis que le déficit (-6,7% et -5,2%), la dette (124,4% et 120,8%) et le chômage (13,3% et 12,3%) diminueront mais resteront élevés. Malgré ces « défis », le commissaire a estimé que l'Irlande était « bien partie » pour sortir de son programme avec succès.
À son arrivée à Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe, son président, Jeroen Dijsselbloem, s'était dit « très très optimiste » quant à une issue positive à la fois pour la sortie du plan de sauvetage de l'Irlande et du programme de l'Espagne focalisé sur le secteur financier. (MB)