Bruxelles, 07/11/2013 (Agence Europe) - Une étude réalisée par le CEPS, à la demande de la Commission, met en exergue la pression des coûts des politiques et règlements de l'UE sur le secteur.
Réalisée par le Centre d'études politiques européennes (CEPS) à la demande de la Commission, et dévoilée le 6 novembre, une première analyse des coûts supportés par l'industrie de l'aluminium imputables à la législation de l'UE au cours des dix dernières années dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et du climat, de la concurrence et des politiques commerciales, et portant sur 46 usines représentant plus de 60% ??de la capacité de production européenne, conclut que la pression des coûts des politiques et des règlements communautaires a placé le secteur de l'aluminium en désavantage concurrentiel sur la scène mondiale.
« Les résultats montrent clairement l'impact négatif significatif du coût des règlements de l'UE sur notre capacité à soutenir la concurrence internationale. La demande de l'UE pour des solutions aluminium croît tandis que sa production s'effondre. Nous sommes reconnaissants envers le commissaire Tajani et la DG Entreprises pour cette évaluation. Il est maintenant temps d'avoir une réponse politique forte et immédiate », commente le directeur général de l'association européenne de l'aluminium (EAA), Gerd Götz.
L'évaluation souligne notamment la différence entre les fonderies de l'UE qui sont encore protégées du coût des politiques de l'UE, grâce aux contrats à long terme conclus avant la mise en place de l'ETS, et ceux pleinement exposés aux règles de l'UE pour le marché intérieur de l'électricité et l'ETS: ces dernières sont devenues les fonderies les moins compétitives au monde et elles font face à des coûts supplémentaires allant jusqu'à 228 euros par tonne d'aluminium produite, soit 11% des coûts totaux de production, incluant les matières premières, explique l'association dans un communiqué.
L'analyse souligne que les coûts indirects de l'ETS (les coûts de CO2 répercutés par les producteurs d'électricité dans leurs factures) et ceux résultant du soutien aux énergies renouvelables sont les principales causes de l'écart de compétitivité de l'industrie de l'aluminium, ajoute l'EAA. Ce manque de compétitivité s'est soldé par la réduction de plus d'un tiers des capacités de production primaire de l'UE en aluminium, via les fermetures d'usines et les compressions entre 2007 et 2012. Une perte de production qui affecte des grappes industrielles entières au niveau régional et menace de nombreuses installations et PME en aval.
Pour inverser la tendance, l'EAA prône des mesures concrètes visant à assurer des prix de l'énergie compétitifs grâce à des politiques industrielle, énergétique et climatique adéquates, à libérer le potentiel de recyclage et favoriser une économie circulaire, à maintenir la chaîne de valeur industrielle de l'UE et à promouvoir l'innovation et stimuler la demande de solutions économes en ressources.
« Nous sommes de fervents partisans des objectifs climatiques de l'UE à l'horizon 2020 et de l'ETS pour atteindre ces objectifs. Mais il est grand temps qu'un examen pragmatique des politiques énergétique et climatique de l'UE soit fait pour arrêter les fuites de carbone et la désindustrialisation et maintenir des emplois et son leadership technologique. L'UE ne peut se permettre de perdre une industrie qui contribue à la transition vers une économie sobre en carbone et économe en ressources », conclut l'EAA. (EH)