Bruxelles, 06/11/2013 (Agence Europe) - La proposition de révision des règles relatives aux services portuaires, visant à dynamiser la concurrence entre les ports européens et assurer la transparence financière, a fait l'objet d'un premier débat au sein de la commission parlementaire des transports et du tourisme (TRAN), mardi 5 novembre. Celui-ci n'a pas permis de dissiper les craintes d'un rejet de la proposition. Les représentants de différents ports importants en Europe ont présenté aux eurodéputés leur point de vue, rarement encourageant.
Pour le groupe des principaux ports européens (UKMPG), principalement privé, la proposition de la Commission n'apporte rien de positif ou d'indispensable et il appelle à un rejet pur et simple de celle-ci. Les inquiétudes de ses membres portent sur l'ingérence de l'UE, allant de pair avec un alourdissement de la bureaucratie et des incertitudes au niveau des coûts et donc un découragement des investisseurs. Il faudrait donc avant tout évaluer l'impact sur les marchés publics et les concessions. Pour le représentant du port de Rotterdam, le plus important d'Europe, il convient de se « débarrasser de tout système de soutien d'État qui porte atteinte à la concurrence entre ports ». Il s'insurge aussi contre un système européen qui serait trop « prescriptif » ou « sur-réglementerait », et estime dès lors qu'un organe de surveillance n'est pas nécessaire. Ces deux ports critiquent « une camisole de force » que le règlement en question pourrait représenter.
Le représentant du port italien de Venise a été nettement moins catégorique, estimant que des règles communes devaient être élaborées au niveau européen, reprenant tous les services portuaires et plafonnant leurs tarifs. Il estime qu'un organe européen de surveillance devrait être mis en place, tout en adaptant ses décisions au contexte local.
Quant aux ports finlandais, leur représentant estime que le règlement peut en effet aller dans leur sens s'il reste souple. Mais, pour cela, il ne devra pas être trop détaillé pour ne pas poser problème aux petits ports: « Moins on en fera, mieux ce sera ! ».
Fort de ces commentaires, le rapporteur, Knut Fleckenstein (S&D, allemand), devrait présenter son projet de rapport le 26 novembre. Ce dernier n'a pas écarté l'idée de réduire la portée de la proposition en excluant les services de dragage, de pilotage, de passagers et de fret. Par conséquent, comme l'a habilement résumé le président de la commission TRAN, Brian Simpson (S&D, britannique), cette proposition est-elle amendable ?: « Est-il possible de l'améliorer ou choisissons-nous l'option du rejet ? ». Le Parlement a en effet déjà agi de la sorte par deux fois dans le passé sur des paquets portuaires. (MD)