Bruxelles, 06/11/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne propose à l'Union européenne et à l'Islande de ratifier la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto courant de 2013 à 2020. Deux textes législatifs ont a cette fin été présentés mercredi 6 octobre par la Commission - une proposition de décision du Conseil pour ratifier l'amendement de Doha au Protocole de Kyoto qui a instauré cette deuxième période et une proposition de règlement, plus complexe, concernant les aspects techniques de la mise en oeuvre
de cette deuxième période, c'est-à-dire comment l'UE, ses États membres et l'Islande rempliront conjointement l'engagement de réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre. La Commission espère que les procédures de ratification pourront être bouclées d'ici à février 2015. À quelques jours de l'ouverture de la dix-neuvième conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 19 - Varsovie, 11-22 novembre), ces deux propositions ont vocation à adresser aux autres parties aux négociations un signal fort.
« La ratification prendra du temps. Il faudra plus d'un an pour que tous les parlements nationaux bouclent la procédure. Avant que l'UE n'aille à Varsovie, il était important que nous ayons une proposition. Depuis le 1er janvier, nous avons été à la hauteur des engagements. À Durban, l'engagement avait été pris de maintenir en vie le Protocole de Kyoto pendant que nous négocions un nouvel accord. Il s'agit maintenant de dire à nos partenaires que l'autre partie de l'accord est tout aussi importante, que toutes les parties doivent assumer leurs responsabilités », a expliqué Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat. Et de rappeler que 60% des émissions mondiales viennent des pays en développement tandis que les émissions de l'UE (11%) représentent la portion congrue. Le rapport 2013 du PNUE sur l'écart qui se creuse entre ce que les pays devraient faire et ce qu'ils font pour réduire leurs émissions est à cet égard éloquent.
« À Varsovie, il faudra que nous nous mettions d'accord pour préparer des engagements dignes de ce nom dans la perspective de l'accord de 2015 et pour accroître le niveau de réduction des émissions sur le reste de la décennie. Tous les pays doivent être prêts à présenter des engagements ambitieux avant le sommet des dirigeants mondiaux sur le changement climatique, qui se tiendra en septembre prochain à l'initiative du secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon », a déclaré la commissaire. Sur la même ligne, Valentinas Mazuronis, président du Conseil Environnement, qui négociera main dans la main avec la commissaire précise que « l'Union européenne a proposé une démarche progressive, comprenant une phase d'évaluation, pour la formulation d'engagements ambitieux aux fins de l'accord de 2015, ce qui constitue une bonne base de travail pour l'adoption d'une décision à Varsovie ».
La prise en charge des pertes et dommages causés par le changement climatique dans les pays en développement, le financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, la finalisation des règles de transparence pour les engagements souscrits jusqu'à présent et les modalités de mise en oeuvre de la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto sont à l'ordre du jour de la COP 19. Il est par ailleurs urgent que des progrès soient accomplis concernant l'élaboration, le champ d'application et la structure de l'accord mondial, juridiquement contraignant, qui doit être adopté en 2015 au plus tard à Paris (COP 21) et entré en vigueur en 2020. Partant, l'UE souhaite que la conférence de Varsovie permette de planifier les travaux à entreprendre en 2014 pour qu'un projet de texte puisse être présenté bien avant mai 2015. (AN)