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Bulletin Quotidien Europe N° 10953
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INSTITUTIONNEL / (ae) avenir ue

20 ans après Maastricht, Trichet s'inquiète du malaise des citoyens

Bruxelles, 29/10/2013 (Agence Europe) - Le Français Jean-Claude Trichet, qui fut le patron de la Banque centrale européenne (BCE) de 2003 à 2011 après avoir été l'un des rédacteurs du Traité de Maastricht, juge 20 ans après l'entrée en vigueur de celui-ci que l'Europe est « au milieu du gué » et s'inquiète du « malaise » des citoyens.

« Il est vraiment dommage que les Européens aient tendance à être constamment négatifs sur eux-mêmes. Nombreux sont ceux qui ont la tentation de se servir de l'Europe et de l'euro comme d'un bouc émissaire. (...) L'histoire nous enseigne combien de telles tendances sont dangereuses », affirme-t-il à l'AFP. Pour M. Trichet, si la zone euro a sombré dans les turbulences financières de 2008 puis dans la crise de la dette, ce n'est pas le texte qui est en cause, mais ceux qui ne l'ont pas respecté. Les fameux « critères de Maastricht », qui interdisent par exemple un déficit supérieur à 3% du produit intérieur brut, « les grands pays ont refusé qu'ils s'appliquent à eux ». « La France, l'Allemagne et l'Italie, en particulier, les ont refusés en 2003 et 2004 », rappelle-t-il. Cette indiscipline « est la première raison des difficultés que nous avons eues », affirme-t-il.

Problème de légitimité démocratique

« Il y a une deuxième raison que je considère comme très importante », à savoir que les pays membres de la zone euro ont laissé se creuser les écarts de compétitivité. « Il y avait là nécessairement des évolutions qui n'étaient pas soutenables à moyen terme », assure M. Trichet. L'ancien patron de la BCE assure également que depuis l'introduction bancaire de l'euro, le 1er janvier 1999, la zone euro a créé « 600 000 emplois de plus que les États-Unis ». Pour lui, l'euro a prouvé sa « remarquable résilience », jusqu'à être considéré aujourd'hui comme « trop crédible » par certains pays. S'il reconnaît volontiers l'existence d'un « malaise », d'une « crise de confiance », M. Trichet estime que le phénomène touche « toutes les économies avancées », pas seulement les États européens, et « toutes les institutions », nationales ou internationales. Qualifiant la construction européenne d'ambition extraordinaire sur le plan historique, il estime que les Européens sont « au milieu du gué » et « aucune complaisance n'est acceptable », face notamment au chômage de masse. M. Trichet juge aussi que « le problème de la légitimité démocratique » se pose en Europe. Il faut « renforcer les pouvoirs du Parlement européen qui est élu au suffrage universel », assure-t-il.

Le 1er novembre 1993 entrait en vigueur le traité qui doit son nom à la petite ville néerlandaise où il fut signé. Celui-ci jetait les bases de la future union monétaire, lancée en 1999 avec 12 pays et qui doit passer à 18 au 1er janvier 2014 avec l'adhésion de la Lettonie. (LC)

 

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