Bruxelles, 29/10/2013 (Agence Europe) - L'eurodéputé Alain Lamassoure (PPE, français) a réagi, lundi 28 octobre, aux propos de la chancelière allemande, Angela Merkel, tenus vendredi lors du Conseil européen, selon lesquels le candidat du parti politique arrivé en tête des élections européennes ne serait pas automatiquement désigné président de la Commission européenne.
Le Parlement européen inaugurera pour la première fois en mai prochain une innovation institutionnelle établie par le Traité de Lisbonne qui stipule que le futur président de la Commission ne sera plus nommé comme un haut fonctionnaire international, par entente secrète entre grands dirigeants, rappelle Alain Lamassoure. Il sera au contraire « issu d'une élection législative gagnée par son parti politique à l'échelle de l'Europe, et il bénéficiera donc de la légitimité donnée par le vote des 500 millions de citoyens européens ». Les partis politiques ont également décidé, pour personnaliser un peu plus ce scrutin, de se choisir une tête de liste, les procédures de sélection étant déjà ouvertes dans plusieurs groupes.
Angela Merkel, dont les réticences vis-à-vis de cette procédure ne sont pas nouvelles, a un peu plus enfoncé le clou vendredi en déclarant que le Conseil européen désignerait bien un candidat qui en effet devra avoir le soutien par un vote du Parlement européen mais sans être lié automatiquement au résultat du scrutin. « Je ne vois aucune automaticité », a expliqué la chancelière.
Pour Alain Lamassoure, c'est une erreur et « Angela Merkel se trompe », a-t-il réagi. « Le Conseil européen se retrouvera dans la situation d'un chef d'État collectif, entérinant le vote démocratique. En revanche, il reste maître de choisir les titulaires des autres grandes fonctions créées par le traité », a précisé le député. Il juge cette innovation « nécessaire pour achever de faire de l'Union un vrai pouvoir démocratique ». Alain Lamassoure rappelle encore que cette disposition a été « proposée devant la Convention européenne il y a déjà dix ans par les gouvernements français et allemand conjointement » et elle « figure depuis dans la charte électorale du PPE ». Cette innovation est d'autant plus urgente « que montent de partout les ressentiments contre l'Europe en général, et contre le pays actuellement dominant en particulier: le moment est venu que l'Europe ait un responsable élu, un visage, un vrai chef de l'exécutif doté de sa légitimité propre », a encore plaidé Alain Lamassoure. (SP)