Bruxelles, 29/10/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a souligné, mardi 29 octobre, que le temps supplémentaire accordé aux États pour atteindre leurs objectifs budgétaires n'était ni gratuit ni aveugle, car assorti d'exigences en matière de réformes et d'un suivi de sa part. Elle réagissait à un discours prononcé la veille à Madrid par le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, dans lequel il a estimé que cette clémence était accordée sans condition.
La Commission a déclaré partager les grandes orientations du discours de M. Dijsselbloem, mais a précisé que le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, « a dit un certain nombre de fois que si un État a accès à un délai supplémentaire » pour réduire son déficit, « on s'attend évidemment à ce qu'il prenne des mesures nécessaires en termes de réformes structurelles », selon Chantal Hughes, porte-parole de l'institution. Et d'ajouter que la Commission veillait à cela « de très près ».
Compte tenu de la conjoncture défavorable, certains pays, dont la France et les Pays-Bas, se sont vu accorder au printemps dernier plus de temps pour atteindre leurs objectifs de réduction du déficit. « Cette clémence est désormais accordée sans condition », a estimé M. Dijsselbloem, lundi 28 octobre, proposant de lier « déviation des objectifs budgétaires dans le Pacte de stabilité et de croissance à l'achèvement concret de réformes ». L'Allemagne, fervente partisane de l'orthodoxie budgétaire, a plaidé à nouveau, lors du Conseil européen, la semaine dernière, pour que les 'contrats de compétitivité' que les États passeraient avec la Commission pour réformer leur économie en échange d'une aide financière soient adoptés en décembre. À noter que la surveillance budgétaire a été renforcée avec l'entrée en vigueur du 'Two-Pack' en mai dernier. (EL)