Bruxelles, 29/10/2013 (Agence Europe) - Un abaissement des protections douanières de l'UE se traduirait immanquablement par un accroissement brutal des exportations de viandes brésiliennes de volailles et de boeuf vers l'UE, avertit un rapport français de l'Institut de l'élevage (ruminants), de l'IFIP (viande porcine) et de l'ITAVI (volaille).
En 2011, le Brésil se positionnait comme premier, deuxième et quatrième exportateur mondial de volailles, de viande bovine et de porc. Il a respectivement fourni 70% et 40% des importations européennes de volailles et de viande bovine, souligne cette étude financée par le ministère français de l'Agriculture et mise en ligne le 24 octobre. Cette étude s'intitule 'la compétitivité agricole du Mercosur. Le cas des filières d'élevage brésiliennes'.
La compétitivité brésilienne se base sur trois piliers: l'abondance et le coût limité des facteurs de production (main-d'œuvre, foncier dans les régions intérieures) et des intrants (alimentation animale), une industrie puissante largement soutenue par les pouvoirs publics et des réglementations sanitaires « à la carte ». Si certains écarts de compétitivité avec l'UE s'érodent (salaires, prix du foncier en particulier), ils ne sont pas en voie de résorption à court ou moyen terme. En outre, les perspectives de production de viandes au Brésil restent haussières à l'horizon 2017.
Cependant, le marché intérieur présente encore un fort potentiel de développement, ce qui devrait ralentir la hausse des disponibilités pour l'export. Si les exportations de viande porcine brésilienne vers l'UE restent proscrites en raison de problèmes sanitaires, celles de viande bovine et de volailles dépendent directement de l'évolution des contingents européens à droits de douane réduits et du niveau du tarif hors contingent. Les contingents tarifaires sont en effet saturés chaque année par le géant sud-américain, l'Europe restant, et de loin, le marché le plus rémunérateur pour ces deux viandes, souligne le rapport. « Un éventuel élargissement de ces contingents, ou pire une baisse des droits de douane, dans un cadre bilatéral ou multilatéral, se traduirait immanquablement par un accroissement brutal des exportations de viandes brésiliennes de volailles et de boeuf vers l'UE », avertit l'étude. (LC)