login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10952
Sommaire Publication complète Par article 24 / 34
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) chypre

Enquête sur un accord controversé de la banque centrale

Bruxelles, 28/10/2013 (Agence Europe) - Alors que la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) était de retour lundi 28 octobre à Nicosie pour la revue trimestrielle de la mise en oeuvre du programme d'ajustement chypriote, des fuites de documents confidentiels de la banque centrale de l'île (BCC) pourraient exacerber davantage sa relation avec le gouvernement, déjà électrique. La BCC a annoncé, samedi 26 octobre, qu'il lui revenait d'évaluer le montant d'une commission spéciale à payer à la société de consultant Alvarez & Marsal, selon un accord passé avec son gouverneur, Panicos Demetriades, qu'elle avait contesté plus tôt dans la semaine et par ailleurs passé à l'insu de son conseil d'administration, selon le Financial Times.

Le procureur général de l'île a ordonné une enquête, la semaine dernière, après la publication dans la presse chypriote d'un courrier envoyé par la société Alvarez & Marsal au gouverneur de la banque centrale de l'île faisant état d'un accord passé entre eux pour le paiement d'une prime de 0,1% du montant brut injecté dans les banques de l'île dans le cadre de leur recapitalisation. Cette somme, qui représenterait 11 millions d'euros, s'ajouterait aux honoraires déjà perçus par la société, mandatée par la banque centrale pour enquêter sur les causes de la crise, mais également impliquée dans la restructuration de la Bank of Cyprus, principale banque de l'île. Pour procéder à sa recapitalisation, les autorités chypriotes ont imposé des pertes sèches (à hauteur de 47,5%) à tous les déposants non garantis au-delà de 100 000 millions d'euros. Le site d'information Sigmalive avance pour sa part que la prime serait prélevée non pas sur les sommes soustraites des dépôts mais sur l'aide apportée par le Mécanisme européen de stabilité dans le cadre du plan d'assistance financière signé avec l'eurozone. A&M aurait proposé le mois dernier de réduire cette commission à 4,5 millions d'euros. La banque centrale de l'île a publié un communiqué pendant le weekend déclarant qu'elle avait pris note de la décision d'A&M de laisser à sa discrétion l'évaluation du montant auquel s'élèverait cette prime. Plus tôt dans la semaine, elle avait toutefois déclaré que le paiement de cette commission n'était pas justifié, citant un avis d'un conseiller juridique externe. Un autre communiqué de la BCC publié peu après décrivait les fuites dans la presse comme faisant partie « d'efforts orchestrés déployés par certains groupes pour obliger le gouverneur de la BCC à démissionner ».

Les relations entre la banque centrale et le gouvernement ne sont pas au beau fixe depuis plusieurs mois et ont déjà contraint chacune des institutions de la 'troïka' à intervenir auprès du président de l'île, Nicos Anastasiades, pour lui souligner l'indépendance des banques centrales garanties par les traités. M. Anastasiades avait récemment rendu publique son intention de faire destituer M. Demetriades de ses fonctions, en fournissant aux autorités compétentes des documents qui, selon lui, prouvaient l'incompétence de M. Demetriades dans la gestion de la crise. M. Anastasiades a rencontré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, vendredi 25 octobre à Bruxelles. Si, à l'issue de cette rencontre, la Commission n'a pas souhaité communiquer sur ce sujet, une source a déclaré en marge de cette réunion que la question serait probablement évoquée par les deux hommes. (EL)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°79
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE