Barcelone, 28/10/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de la Méditerranée occidentale, réunis le 24 octobre à Barcelone, ont affirmé leur volonté de prendre à bras-le-corps tout ce qui empêche la pleine exploitation du potentiel de leur sous-région et leur engagement de renforcer leur dialogue en matière de sécurité et de lutte contre les flux migratoires. Les dix ministres étaient réunis au sein du « Forum économique de la Méditerranée occidentale » abrité par l'UpM (Union pour la Méditerranée).
La coopération « 5+5 » (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal, et les 5 pays du Maghreb, Algérie, Maroc, Mauritanie, Libye et Tunisie), menée de manière informelle, formerait ainsi le « noyau dur » de la coopération euro-méditerranéenne dans son ensemble. Celle-ci, minée par l'instabilité dans la zone orientale, est également ralentie par la difficulté de convaincre les partenaires financiers internationaux de s'impliquer dans de grands projets.
« Il a fallu se rendre à l'évidence que la coopération euro-méditerranéenne était difficile en l'état », a souligné le ministre maltais des Affaires étrangères, Dr George Vella, dont le pays a abrité, en octobre 2012, un des plus importants « sommets » du groupe « 5+5 ». Au cours de ce « sommet », les dix pays de la Méditerranée ont décidé d'oeuvrer plus concrètement dans leur coopération dans les domaines de la sécurité et de la lutte contre les trafics humains et de déléguer à l'UpM la mise au point de leurs objectifs communs dans les domaines économiques et sociaux. Sans oublier, a précisé Dr Vella, que « la Méditerranée occidentale n'est qu'une partie de la Méditerranée », le groupe « 5+5 » ne sera qu'un des « instruments » de la coopération euro-méditerranéenne et les dix pays du bassin occidental joueront le rôle de « groupe de pression » au sein du cadre global. Ils apportent aussi leur « caution politique » à l'UpM, a-t-il dit.
La relation entre les cinq pays européens riverains et les cinq pays du Maghreb en vis-à-vis sur l'autre rive, tous membres de l'Union du Maghreb Arabe (UMA), est ainsi, d'un avis général, perçue comme le cadre ad hoc pour « une remobilisation d'ensemble » de l'UpM dont la plupart des projets concernent cette sous-région: solaire, autoroute transmaghrébine, défis de l'emploi des jeunes et des femmes, dynamisation des entreprises, etc. L'expression est de Habib Ben Yahia, secrétaire général de l'UMA, pour qui le Maghreb est déjà « une réalité géopolitique et une grande ambition économique devenue incontournable et irréversible pour les opérateurs économiques de la région ». M. Ben Yahia voit parmi les projets importants à réaliser: la dynamisation des économies et des échanges entre pays de l'UMA, l'amélioration du climat d'investissement et la création d'une banque régionale du commerce extérieur. Il place aussi la priorité dans la lutte contre la désertification qui menace fortement le nord de l'Afrique et pour assurer la sécurité alimentaire.
Au cours des débats, deux thèmes ont émergé. Le premier, ont rappelé plusieurs intervenants, concerne le cadre dans lequel opèrent les entreprises, lesquelles éprouvent une grande difficulté à faire face aux obstacles administratifs et réglementaires qui les empêchent de jouer efficacement leur rôle. Le second porte sur la problématique du financement de projets. Des représentants de la Commission européenne, de la BEI, de la BERD, de la Banque africaine de développement et de la Banque islamique ont, chacun, présenté leurs programmes de financement en cours dans la région tout en affirmant rester ouverts au financement des projets « labellisés » par l'UpM mais sans s'engager davantage.
Malgré cet engagement encore prudent des grands donateurs, le secrétaire général de l'UpM, Fathallah Sijilmassi, a bon espoir: « Les conférences ministérielles sectorielles ont repris leur cours. L'agenda s'accélère », a-t-il affirmé. Une réunion des ministres des Transports aura lieu en novembre, et une regroupant les ministres de l'Énergie en décembre. Trois ministérielles sont prévues en 2014: sur le commerce, le développement urbain durable et, enfin, sur l'environnement et le changement climatique. (FB)