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Bulletin Quotidien Europe N° 10952
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

NSA, des délégations sur place pour récolter des informations

Bruxelles, 28/10/2013 (Agence Europe) - Une délégation du gouvernement allemand chargée d'obtenir des renseignements sur les écoutes supposées de la NSA devait partir dans la semaine du 28 octobre aux États-Unis, alors que de nouvelles révélations faites ce week end par le Spiegel et le quotidien populaire Bild ont indiqué qu'Angela Merkel aurait pu être mise sur écoute dès 2002 et que le président Obama lui-même aurait pu en être au courant dès 2010.

Des allégations aussitôt démenties par la NSA mais qui viennent s'ajouter aux multiples accusations déjà proférées contre l'agence depuis le mois de juin et qui pourraient créer une « rupture de confiance » comme la chancelière allemande l'a elle-même suggéré jeudi 24 octobre lors du Conseil européen, à Bruxelles (EUROPE 10951). À cette occasion, la chancelière avait invité ses homologues à rejoindre la France et l'Allemagne autour d'un futur 'pacte de coopération' avec les États-Unis en matière de renseignement, une sorte de 'pacte de non-espionnage', a précisé par la suite le gouvernement allemand. Les États-Unis disposent déjà d'un tel accord avec le Royaume-Uni. L'Italie a dit vendredi qu'elle pourrait s'inscrire dans cette démarche franco-allemande, reposant essentiellement sur des contacts bilatéraux avec Washington, mais d'autres pays comme l'Espagne ou la Hongrie voulaient encore y réfléchir.

L'Espagne s'est en tout cas retrouvée sous les feux de l'actualité lundi 28 octobre, le quotidien El Mundo affirmant que les États-Unis auraient espionné plus de 60 millions de communications en Espagne entre décembre 2012 et janvier 2013. L'ambassadeur américain à Madrid devait être à son tour convoqué lundi au ministère des Affaires étrangères.

De son côté, la commission des libertés civiles du Parlement européen a également envoyé le 28 octobre une délégation de parlementaires pour affiner son enquête sur les pratiques de la NSA. La délégation composée de neuf députés, dont le rapporteur protection des données Jan-Philipp Albrecht (Verts/ALE, allemand), Axel Voss (PPE, allemand), Claude Moraes (S&D, britannique) en charge du rapport sur les écoutes ou encore le conservateur Timothy Kirkhope (CRE, britannique), restera sur place jusqu'au 30 octobre. Elle doit notamment y rencontrer des membres du Congrès, des représentants du département sécurité intérieure ou encore des chercheurs et des représentants d'entreprises comme Apple. Aucune réponse n'avait toutefois été reçue de la part de Keith Alexander, le patron de la NSA, invité lui aussi à rencontrer les députés européens. Seront abordés lors de cette visite les accords SWIFT/TFTP, « Safe Harbour » ou encore la réforme européenne des règles de protection des données personnelles. (SP)

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