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Bulletin Quotidien Europe N° 10943
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Oettinger va répondre aux énergéticiens en colère

Bruxelles, 15/10/2013 (Agence Europe) - Le commissaire Günther Oettinger promet aux dix grands groupes énergétiques emmenés par GDF-Suez, E.ON et RWE, ENI et ENEL, une réunion conjointe au niveau ministériel.

Dévoilant la liste des projets d'infrastructures énergétiques prioritaires, lundi 14 octobre (EUROPE 10942), le commissaire Oettinger a annoncé la tenue, dans les prochaines semaines, d'une réunion avec les patrons des dix grands groupes énergétiques en colère contre la politique énergétique de l'UE (EUROPE 10941), ainsi qu'avec les ministres des pays qui hébergent ces groupes, pour discuter de leurs critiques.

Des critiques « justifiées », a reconnu M. Oettinger devant la presse lundi. « Mais il s'agit plus d'un appel au secours que de critiques. Je crois que ces entreprises nous appellent à renforcer l'européanisation de la politique énergétique », a-t-il ajouté. « Dans l'européanisation de la stratégie énergétique comme dans celle de nos réseaux, notre objectif est d'achever le marché intérieur. Mais, pour des raisons diverses, ce sont les politiques nationales de l'énergie qui vont dans l'autre direction. Lorsque nous faisons un pas en avant avec le marché intérieur, nous en faisons deux en arrière avec les politiques nationales. C'est le cas avec les mécanismes de capacité, les mesures prises par les États membres pour les tarifs de rachat. Nous n'acceptons pas dans ce domaine qu'il y ait 28 mécanismes qui marchent en parallèle. Ce serait la fin du marché intérieur de l'électricité. Nous voulons toujours une approche paneuropéenne », a encore expliqué le commissaire.

Un groupe de dix énergéticiens représentant 50% de la production électrique en Europe et 30% de la capacité en renouvelables, et réunissant le français GDF-Suez, les allemands RWE et E.ON, les italiens ENI et ENEL, le Suédois Vattenfall, les espagnols GasNatural Fenosa et Iberdrola, le néerlandais GasTerra et le tchèque CEZ, dénonce depuis plusieurs mois l'échec de la politique européenne de l'énergie, en particulier en matière de soutien aux énergies renouvelables. Un échec responsable, selon lui, de la hausse du prix de l'électricité facturé aux particuliers et aux entreprises, et d'une surcapacité de production qui les a contraint à fermer des centrales représentant 51 gigawatts, soit les capacités de production de la Belgique, du Portugal et de la République tchèque réunies. Vendredi, les dirigeants de ces dix entreprises ont réclamé l'arrêt des soutiens publics accordés à certaines énergies renouvelables (comme l'éolien) et plaidé en faveur du financement des centrales à gaz nécessaires, selon eux, pour surmonter les pics de consommation notamment hivernaux.

« Nous comprenons les soucis de ces dix entreprises qui ont des actionnaires, doivent verser des dividendes et rembourser des emprunts aux banques », a commenté M. Oettinger, promettant au groupe en colère une réunion de haut niveau, réunissant patrons et ministres. Le commissaire a toutefois fait remarquer que d'autres grands opérateurs européens n'étaient pas associés à ces critiques. « Mais nous devons aller au-delà pour avoir un panorama plus représentatif », a-t-il précisé. (EH)

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