Luxembourg, 15/10/2013 (Agence Europe) - La zone euro a botté en touche, lundi 14 octobre, sur les questions liées au financement du programme grec à partir de mi-2014, même si une discussion préliminaire a toutefois eu lieu lors de l'Eurogroupe qui se tenait à Luxembourg.
Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, avait donné le ton en évaluant entre 5 et 6 milliards d'euros le trou de financement qui devrait s'ouvrir dans le programme grec après l'été prochain. « J'ai été surpris par les chiffres que j'ai entendus au début de la réunion », a rétorqué le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. À l'issue de leur rencontre, le ministre grec, Yannis Stournaras, cité par la presse grecque, a évoqué un chiffre de 5 milliards d'euros. Bien que, du côté de la Commission, on souligne qu'aucun calendrier formel n'a été établi, les ministres n'ont désormais plus pour objectif d'arrêter en novembre les modalités liées au comblement de ce trou. Décembre apparaît, au mieux, comme le nouvel horizon.
Le FMI, absent à l'Eurogroupe, devra donc se passer momentanément de la visibilité sur un an dans le financement du programme grec, condition à sa participation et au versement de ses propres tranches, dont une de 1,8 milliard d'euros est attendue pour le dernier trimestre de 2013. « Nous sommes dans les temps », a estimé le Français Pierre Moscovici, interrogé sur d'éventuelles frictions avec le FMI.
La zone euro attend des précisions supplémentaires de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), dont la mission, interrompue depuis fin septembre, reprendra d'ici peu notamment autour de la question du financement. Sur la manière de colmater les brèches, M. Asmussen s'est également voulu sans équivoque, précisant que d'aucune manière cela ne pourrait se faire via un 'roll over' de dette grecque (c'est-à-dire un échange de titres arrivés à maturité contre de nouveaux titres à maturité plus élevée) détenue soit par la BCE, soit par les banques centrales de l'eurosystème. Pour lui, faire cela correspondrait à du financement monétaire, interdit par les traités. M. Stournaras a toutefois assuré qu'aucune option n'avait été balayée de la table.
L'émergence de ce trou de financement est notamment due à la réticence des banques centrales d'échanger les titres qu'elles détiennent. M. Dijsselbloem a précisé que les besoins de la Grèce après 2014 seraient évalués en 2014, M. Stournaras évoquant de son côté un chiffre de 10,5 à 10,8 milliards d'euros.
Des dissonances existent sur un autre élément du programme grec, le trou budgétaire pour 2014, qui serait « significatif » selon M. Asmussen. Pour l'eurozone, il est trop tôt pour en parler, la mission de la 'troïka' étant appelée à reprendre. « Il y a des questions budgétaires à régler », a tout de même précisé M. Dijsselbloem. « La balle est dans le camp des Grecs », a ajouté le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, confiant que le pays atteindrait ses objectifs en la matière. « Il n'y a pas de trou budgétaire en ce qui nous concerne », a rétorqué M. Stournaras. Le quotidien grec Kathimerini fait état d'une demande de l'eurozone d'économies additionnelles de 2 milliards d'euros pour 2014, alors qu'Athènes refuse toute nouvelle coupe budgétaire. (EL)