Luxembourg, 14/10/2013 (Agence Europe) - La BCE et la Commission européenne ont loué la mise en oeuvre des programmes que l'Irlande et l'Espagne mettent en place en échange d'une aide financière, lundi 14 octobre à l'ouverture de la réunion de l'Eurogroupe à laquelle n'a pas participé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, retenu à Berlin pour cause de négociations sur la formation du gouvernement.
Cette situation permettra aux deux pays de sortir de leur programme respectif en décembre prochain. Il n'est pas clair, à ce stade, si Dublin et Madrid feront appel - ou pas - à une aide préventive des Européens. Un tel soutien pourrait prendre la forme d'une ligne de crédit préventive auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de la BCE au titre du programme 'OMT' de rachat de dette souveraine. Il permettrait aux deux pays de rassurer les marchés au moment où ils s'apprêtent à retrouver leur autonomie financière totale et d'éviter toute mauvaise surprise qui serait liée à un refinancement difficile, à une reprise économique moins ferme que prévu ou à un nouveau risque de contagion de la crise de la dette venant de Slovénie.
« L'Irlande est clairement une histoire à succès », s'est félicité Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE à son arrivée à Luxembourg. Selon lui, il appartient à Dublin de décider de la meilleure façon de sortir du programme, même s'il a noté l'existence de risques latents sur l'économie irlandaise, tels qu'un déficit « toujours élevé » par rapport au PIB. Les chances que l'Irlande et l'Espagne bouclent leur programme « sont très réelles », a enchaîné le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn.
Le ministre irlandais des Affaires européennes, Paschal Donohoe, a réitéré la volonté de son pays de sortir de son programme en 2013. « Nous étudions toutes les options », a-t-il indiqué, à propos de l'hypothèse d'un soutien préventif post-programme. La séquence privilégiée par les Irlandais est la suivante: présentation, ce mardi, du projet de budget 2014 et négociation sur la meilleure stratégie de sortie lors de l'ultime mission de la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE) à Dublin. En prévision d'une sortie de programme, le trésor irlandais a levé un coussin de 20 milliards d'euros afin de parer à toute éventualité.
Les créanciers européens demandent à l'Irlande de prendre toutes les mesures d'austérité inscrites dans son programme alors que les Irlandais sont d'avis qu'ils atteindront les mêmes objectifs budgétaires (déficit de 5,1% du PIB) en desserrant, un peu, l'étau. Atone en 2013, la croissance irlandaise pourrait atteindre 1,8% du PIB en 2014. Le poids élevé de la dette publique reste encore un sujet d'inquiétude. (MB)