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Bulletin Quotidien Europe N° 10940
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) sÉnÉgal

Immigration clandestine, il faut agir à la source, pour M. Sall

Strasbourg, 10/10/2013 (Agence Europe) - Le président sénégalais, Macky Sall, a estimé, mercredi 9 octobre, lors de son passage au Parlement européen à Strasbourg, que la récente tragédie de Lampedusa illustrait le besoin d'agir en amont dans les pays que cherchent à fuir les migrants clandestins. Ce drame pose « la question de l'emploi et de la croissance économique dans nos pays », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le président du Parlement européen, Martin Schulz. En aval, selon M. Sall, l'UE pourrait agir en ayant une « philosophie d'ouverture plus grande, l'Europe ne peut pas vivre en autarcie ».

Et d'expliquer qu'il fallait d'abord prendre le problème de l'immigration clandestine par le bon bout, à la racine, et se poser la question suivante: « Que faut-il faire pour intéresser la jeunesse sur place ? ». Il a alors plaidé pour que le cadre de développement et de coopération prenne en compte la dimension 'emploi'. Et Martin Schulz d'abonder dans ce sens: « Sans investissement, il n'y aura pas de croissance, sans croissance, pas d'emploi, et sans emploi, pas de stabilité sociale », a-t-il déclaré avant de considérer que face aux défis qui se présentent, on était « tenté de mettre trop d'attention sur nous-mêmes ».

Le président sénégalais a par ailleurs mis en exergue la proximité historique et géographique des deux continents qui les « porte les uns vers les autres dans une dialectique singulière de destins croisés, solidaires et indissociables ». Et cela va au-delà de la dimension économique, la question de la stabilité politique dans la région étant également concernée. « Si l'Afrique n'est pas stable, l'Europe n'est pas tranquille », a souligné M. Sall. M. Schulz a par ailleurs salué l'engagement du Sénégal à oeuvrer pour la stabilité et la paix dans cette région du monde.

Sur les accords de partenariat économique plus spécifiquement, le président sénégalais a exprimé des inquiétudes relatives à la question des unions douanières, évoquant une crainte de « solidarité asymétrique ». Il a expliqué qu'il fallait définir une transition pour s'assurer de compenser la réduction des droits de douane, une des principales recettes en Afrique de l'Ouest, afin de ne pas creuser le déficit. « Ce n'est pas insurmontable », a-t-il dit, « mais il faut que l'on nous donne des garanties sur le fait que nos craintes ne sont pas » fondées. De même que pour assurer un « échange équitable » entre les deux parties, il faut « une mise à niveau de nos industries et de nos infrastructures », encore embryonnaires, selon lui. (EL)

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