Bruxelles, 27/09/2013 (Agence Europe) - Près de la moitié des États membres a critiqué, lors de la réunion des ministres européens chargés de la recherche, vendredi 27 septembre, l'indicateur d'innovation que la Commission européenne a présenté le 15 septembre dernier (EUROPE 10921), suite à une demande express du Conseil européen. Une telle critique n'est finalement guère surprenante au regard du bilan dressé par la Commission: 20 États membres sont en-dessous de la moyenne de l'UE et ils sont donc pointés du doigt comme ne faisant pas suffisamment d'efforts, ou le faisant mal.
L'indicateur. La question s'est posée, avant cette réunion ministérielle à Bruxelles, de savoir si l'indicateur d'innovation allait être endossé par le Conseil européen des 24 et 25 octobre. La réponse est aujourd'hui claire: il ne le sera pas. Les arguments employés par de nombreux ministres ont visé un même problème, à savoir que cet indicateur ne reflète pas à lui seul le niveau d'innovation engendré par les investissements privés et publics dans la recherche et le développement (R&D). Il n'intègre pas suffisamment d'aspects (la Commission en a sélectionné quatre: nombre de brevets ; poids des emplois dans les secteurs innovants et dans les secteurs à forte croissance ; poids de la haute technologie et de la moyenne technologie dans la balance commerciale) et il est globalement trop orienté vers les hautes technologies, ont estimé plusieurs délégations, dont particulièrement l'autrichienne et la belge. De plus, « il manque de robustesse », a remarqué la France. Cet indicateur n'est qu'un premier pas, donc « nous devons poursuivre le travail », s'est défendu la commissaire chargée de la recherche, Marie Geoghegan-Quinn, à l'issue de la réunion. Mais elle a également souligné que l'indicateur « montre précisément où les différents États membres se situent » et il « montre très clairement que les États membres qui ont investi un montant sérieux dans la R&D sont les États membres qui ont résisté le mieux à la crise économique ».
L'Espace européen de la recherche (EER). Révélé au public quelques jours auparavant (EUROPE 10928), Mme Geoghegan-Quinn a présenté aux ministres son tout dernier, et en même temps le premier du genre, rapport sur l'état d'avancement de la mise en œuvre de l'EER. Elle a ainsi réitéré la conclusion plutôt cinglante pour les États membres: l'EER est loin d'être une réalité, alors qu'il faut le mettre en place au cours de l'année 2014. Les ministres ont, de leur côté, simplement évoqué quelques points qu'ils considèrent comme importants dans l'EER: assurer une meilleure coopération entre les universités et l'industrie ; mieux adapter le système éducatif aux besoins du marché ; garantir un libre accès aux contenus scientifiques (de projets financés par l'argent public) ; une meilleure circulation des données. Face aux lenteurs dans la création de l'EER, ne faudrait-il pas alors passer par la voie législative ? Si on se fie à « mon instinct politique, il aurait fallu faire une proposition législative, mais j'ai été convaincue par les parties prenantes, mais surtout par les États membres », qu'il faut créer l'EER par une voie beaucoup moins contraignante, a expliqué Mme Geoghegan-Quinn. Mais dans ce contexte où « les États membres ont un travail énorme à réaliser et où ils doivent le faire rapidement », « je n'exclus pas la voie législative », a-t-elle dit, en précisant ensuite que « cela n'arrivera pas dans mon mandat de commissaire, mais je ne pourrais certainement pas l'exclure pour mon successeur ». La réaction de certains ministres a été univoque: ils ont tous félicité la Commission pour avoir choisi la voie non-législative. (JK)