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Bulletin Quotidien Europe N° 10925
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Des militantes appellent l'UE à un message politique différent

Bruxelles, 19/09/2013 (Agence Europe) - Sonnant l'alerte sur la dégradation des conditions des femmes dans les pays du sud de la Méditerranée, des militantes des droits des femmes ont appelé, le 18 septembre, l'Union européenne à changer de message envers ces pays. Précisant qu'il n'y a pas de résultats jusqu'à présent, la présidente du Conseil des femmes libanaises, Jamal Hermes Ghibril, a appelé l'UE à repenser tout ce qui a été fait avant. « Si elle prend les mêmes routes et les mêmes voies alors on atteindra le même point. Les choses doivent être repensées, des changements majeurs doivent intervenir au niveau de la coopération politique, économique et sociale », a-t-elle souligné en marge d'une conférence sur la situation économique et sociale des Femmes dans la région euro-méditerranéenne au Comité économique et social européen (CESE), le 18 septembre. Elle a donc appelé à un message « différent » de la part de l'UE.

« On s'attend à un soutien de l'UE de façon forte et concrète a travers, par exemple, la mise en place de conditions pour les subventions et les partenariats. Que les droits humains soient inscrits dans les constitutions, que les droits des femmes et les conventions internationales aient une valeur haute au niveau des législations des pays », a ajouté la présidente de l'Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement, Salwa Kennou Sebei. La fondatrice du « Forum Femmes Méditerranée », Esther Fouchier, a aussi appelé à une clause de conditionnalité dans les accords bilatéraux.

Pourtant cette conditionnalité existe bel et bien, et la politique européenne de voisinage met en avant le principe du « more for more ». Mais les militants ont considéré que cela ne fonctionne pas. « Nous considérons que le more for more ne fonctionne pas. Il faut aussi un contrôle financier sur l'argent donné », a expliqué Mme Fouchier. Elle souhaite une évaluation de ce que l'argent a permis d'améliorer, une évaluation importante en termes de transparence et de traçabilité. La membre du CESE et rapporteur sur « la situation économique et sociale des femmes dans la régional Euromed », An Le Nouail, a précisé que le CESE a appelé à une vérification de la traçabilité des fonds que l'UE alloue, considérant que les fonds ne remplissent pas toujours leurs objectifs et mettant en avant des détournements de fonds. « Une des solutions est une meilleure coopération avec la société civile (…) Que ce ne soit pas le partenariat bilatéral gouvernemental qui soit privilégié mais le partenariat avec la société civile », a-t-elle expliqué. « Il faut que la société civile soit sur la scène centrale », a ajouté sa collègue Grace Attard.

Et il est urgent d'agir car la situation des femmes se détériore. « Le droit des femmes est en danger, il régresse », selon Mme Fouchier. « Nous sommes revenues à la base après le printemps arabe, les choses empirent », pour Mme Hermes Ghibril. « On est à zéro, on recule, on fait face à un grand danger avec la perte de droits des femmes. La politique socio-économique de nos gouvernements ne s'est pas soldée par des résultats positifs mais par un échec », a poursuivi Mme Kennou Sebei. (CG)

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