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Bulletin Quotidien Europe N° 10925
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Les députés divisés sur l'interdiction des Chaluts

Bruxelles, 19/09/2013 (Agence Europe) - Un débat sur le rapport de Kriton Arsenis (S&D, Grèce) préconisant une élimination graduelle, en deux ans, de l'utilisation des chaluts de fond dans l'Atlantique Nord a révélé, une fois encore, les divisions sur cette question sensible au sein de la commission 'Pêche' du Parlement européen. La volonté de trouver un compromis est affichée par les députés, même un accord s'annonce particulièrement ardu. La commission 'Pêche' votera le 3 octobre et le vote en plénière est prévu en décembre.

Le rapporteur, M. Arsenis, a précisé qu'il y avait 345 amendements déposés modifiant la proposition de la Commission, avec tout un éventail d'avis sur la question. Nous essayons de trouver des compromis entre rapporteurs fictifs sur les questions sensibles de l'article 9 (interdiction des chaluts de fond), a dit le rapporteur. Il existe, selon lui, un accord sur une interdiction progressive du chalut de fond, un avis que ne partage pas les eurodéputés français et espagnols (sauf ceux du groupe Verts/ALE), les plus concernés par la pêche des espèces dites d'eau profonde (sabre noir, grenadier de roche, lingue…).

Struan Stevenson (CRE, Royaume-Uni) a souligné qu'il y avait eu une diminution de moitié des captures de ces espèces d'eau profonde (de 70 000 tonnes à 35 000 tonnes) et que pour certaines espèces importantes, la biomasse s'améliore, selon les scientifiques. Le remplacement par des palangres (proposé par la Commission et le rapporteur) ne résoudrait pas le problème, notamment car cela se traduirait par des captures accessoires de requins. « Si on interdit tous les chaluts de fond, comment vendre les navires conçus pour cette pêche dans les eaux profondes qui sera interdite dans toute l'Europe ? On n'aura aucun débouché pour ces navires et on ne pourra pas les transformer en palangriers », a dit M. Stevenson. L'article 9 équivaut à une interdiction au bout de deux ans. Tant que cet aspect ne sera pas résolu, « je ne vois pas où nous allons aller », a-t-il conclu.

Carmen Fraga (PPE, Espagne), rapporteur fictif, est contre une interdiction progressive des chaluts de fond, ce point est « non négociable ». Elle a critiqué une proposition « radicale et non équilibrée » de la Commission européenne, soutenue par le rapporteur. « Il n'y a pas de compromis sur l'interdiction progressive du chalut », a dit Isabelle Thomas (S&D, France). Selon elle, le seul compromis possible porte sur une interdiction « partielle, c'est-à-dire par zones géographiques et pas sur la totalité des eaux profondes ». Elle préconise une interdiction par zones, sur la base d'une empreinte écologique et d'une cartographie. Les fonds marins vulnérables doivent être protégés, a-t-elle concédé. Mais il y a des fonds sédimentaires qui ne sont pas vulnérables et où la pêche pourrait se poursuivre, selon elle.

Alain Cadec (PPE, France) n'est pas trop optimiste sur les chances d'aboutir à des compromis. Il a soutenu les idées de Mme Thomas: gel de l'empreinte, interdiction du chalut de fond et le filet fixe en dehors des zones délimitées. Les pêcheurs pourront agir dans la zone déjà utilisée pour pêcher et on créera des « zones de reconstitution » pour les eaux profondes, a-t-il inidué. « C'est le meilleur compromis qu'on puisse trouver », à ses yeux. En revanche, une interdiction telle que proposée par la Commission est, aux yeux de M. Cadec, « inacceptable et contreproductive » et elle « mettrait en danger l'avenir de la pêche au chalut qui est, sur nos cotes, l'une des pêches les plus pratiquées ».

Les eurodéputés du groupe Verts/ALE ont soutenu la proposition de la Commission. Pour Raul Romeva (Verts/ALE, Espagne), les avis scientifiques montrent que les stocks des espèces d'eau profonde se trouvent dans une mauvaise situation. Il a défendu une interdiction progressive des chaluts et des filets fixes. Mais son groupe peut se montrer flexible sur la définition de la profondeur des activités de pêche qui ciblent les espèces d'eau profonde.

Pour Urike Rodust (S&D, Allemagne), « nous avons une grande responsabilité vis-à-vis des futures générations »: les scientifiques nous disent que beaucoup de choses sont inconnues sur ce qui se passe dans les eaux profondes, mais il faut retenir l'approche de précaution, en faveur de l'interdiction. (LC)

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