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Bulletin Quotidien Europe N° 10924
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Levée des restrictions, Nicosie bavarde, la Commission taiseuse

Bruxelles, 18/09/2013 (Agence Europe) - Les autorités chypriotes voudraient voir les mesures de restriction aux mouvements de capitaux, en place depuis mars dernier, totalement levées début 2014. À Bruxelles, par contre, on se refuse à fixer une échéance. « Ce qui est pertinent, c'est que les problèmes sous-jacents soient abordés », a expliqué un haut fonctionnaire de l'UE, mercredi 18 septembre.

Les membres du gouvernement chypriote se sont succédé, mercredi, pour évoquer le calendrier de la levée graduelle de ces restrictions. Le Président chypriote, Nicos Anastasiades, a confié, lors d'une interview à Bloomberg, que ces mesures seraient levées d'ici à janvier 2014. Réagissant à cette déclaration, le ministre chypriote des Finances, Harris Georgiades, a indiqué que « le président (avait) fait monter les enjeux », au Financial Times. Selon lui, la levée totale des mesures aurait lieu « dans les premiers mois de 2014 ».

La Commission fait un geste. Le jour où elle a publié son rapport de suivi de la mise en œuvre du programme d'ajustement chypriote (EUROPE 10913), la Commission a officialisé sa volonté d'accorder à l'île 200 millions d'euros supplémentaires, dont 100 millions dès 2014, à titre des fonds structurels pour la période 2014-2020 (voir autre nouvelle).

« La situation économique de Chypre est extrêmement difficile », a confirmé ce haut fonctionnaire de l'UE, ajoutant qu'elle n'était toutefois pas pire que prévu. Les prévisions en matière de récession (contraction cumulée de 13% du PIB en 2013-2014) restent inchangées par rapport aux précédentes estimations, mais le risque demeure que l'activité économique pique plus du nez que prévu. La mise en œuvre du programme d'ajustement chypriote est quasiment irréprochable, l'île ayant pris « un départ déterminé » en la matière, malgré certains retards ou dérapages, notamment dans le champ des réformes structurelles. Pour rappel, le taux de chômage s'est inscrit à la hausse par rapport aux prévisions d'avril (contre 15,5% en 2013 et 16,9% en 2014). Il est désormais prévu qu'il s'établisse à 17% cette année et à 19,5% en 2014.

Du côté des banques, les seuls tests de résistance prévus sont ceux qui seront bientôt menés au niveau européen. La restructuration de Bank of Cyprus (BoC), 1ère banque du pays, est désormais entre les mains de son nouveau conseil d'administration. La recapitalisation d'Hellenic Bank devrait être finalisée d'ici à fin septembre, sans intervention d'argent public, et les banques coopératives pourront être renflouées avec la tranche d'1,5 milliard d'euros que le Mécanisme européen de stabilité (MES) doit débloquer avant la fin du mois (EUROPE 10921). Malgré un taux élevé des prêts 'toxiques' (30% fin mars, selon le FMI) et une fuite significative des capitaux (environ 8 milliards entre mars et août, selon le FMI), les coussins de capital dont disposent les banques apparaissent suffisants pour parvenir à un ratio de fonds propres de qualité optimale de 9% d'ici à 2016. Dans le cas contraire, la Commission refuse de spéculer sur un éventuel 'plan B'. (EL)

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