login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10924
Sommaire Publication complète Par article 18 / 30
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Le soutien à l'agriculture rebondit (OCDE)

Bruxelles, 18/09/2013 (Agence Europe) - Le soutien public à l'agriculture dans les principales puissances agricoles a augmenté en 2012, interrompant la longue érosion qui l'avait conduit en 2011 à son niveau le plus bas, selon l'OCDE. La tendance dans l'Union européenne est conforme à celle de l'ensemble de l'OCDE, puisque le soutien à l'agriculture est passé de 18% des recettes agricoles à 19%.

D'après le nouveau rapport 'politiques agricoles: suivi et évaluation 2013', le soutien public aux producteurs s'est établi, en moyenne, à un sixième des recettes agricoles brutes dans les 47 pays étudiés. L'estimation du soutien aux producteurs est ainsi remontée à 17% des recettes agricoles brutes en 2012, contre 15% en 2011.

Selon l'OCDE, le soutien directement lié à la production est en recul de manière générale, mais les aides qui faussent la production et les échanges représentent encore environ la moitié du total. Si le soutien est de plus en plus découplé de la production dans les pays membres de l'OCDE, les marchés émergents s'appuient davantage sur la protection aux frontières et les mesures de soutien des prix du marché qui taxent les consommateurs.

« Étant donné que les marchés mondiaux des produits agricoles et alimentaires sont robustes et que les prix des produits de base devraient continuer d'augmenter, il est temps que les pouvoirs publics s'engagent de façon crédible à réformer largement le soutien à l'agriculture », a estimé Ken Ash, directeur des échanges et de l'agriculture à l'OCDE. « Pour satisfaire les besoins d'une population croissante et de plus en plus aisée, il faut abandonner les politiques du passé, dispendieuses et créatrices de distorsions, au profit de mesures qui améliorent la compétitivité et permettent aux agriculteurs de répondre aux signaux du marché, tout en assurant pleinement le financement de l'innovation », ajoute-t-il.

Dans l'édition de cette année, le rapport décrit la politique agricole de 47 pays qui représentent près de 80% de la production agricole mondiale, dont sept économies émergentes qui jouent un rôle majeur sur les marchés agricoles et alimentaires: l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Indonésie, le Kazakhstan, la Russie et l'Ukraine. Il en ressort que le niveau du soutien est très variable, entre pays membres de l'OCDE comme entre grandes économies émergentes.

Dans la zone de l'OCDE, le soutien aux producteurs s'est établi à 258,6 milliards USD (201,2 milliards d'euros) en 2012, soit 19% des recettes agricoles, contre 18% en 2011. Le rapport souligne les écarts sensibles que dissimulent ces chiffres, les pays où le soutien est le plus élevé enregistrant une hausse (Japon, 56%, Corée, 54%; Norvège, 63% et Suisse, 57%). Certains pays où le soutien est relativement bas connaissent une baisse (Israël, 11% ; Mexique, 12% et États-Unis, 7%) et d'autres le voyant stagner à un niveau modeste (Australie, 3% ; Chili, 3% et Nouvelle-Zélande, 1%).

La tendance dans l'Union européenne est conforme à celle de l'ensemble de l'OCDE, puisque le soutien à l'agriculture y est passé de 18% des recettes agricoles à 19%. L'accord de juin 2013 sur la politique agricole commune de l'UE pour la période 2014-2020 n'entraîne pas de rupture majeure dans l'orientation ou l'ampleur actuelles du soutien dans les 28 États membres, selon l'OCDE.

Certaines économies émergentes qui jouent un rôle majeur dans le domaine de l'agriculture ont continué d'accroître leur soutien: il s'est hissé à 17% en Chine, à 21% en Indonésie et à 15% au Kazakhstan. D'autres l'ont maintenu à un bas niveau, comme le Brésil (5%) et l'Afrique du Sud (3%).

Selon l'OCDE, le lien entre renforcement de l'autonomie alimentaire et amélioration de la sécurité alimentaire est ténu, notamment dans les économies en développement. Le rapport indique qu'il serait plus efficace, pour accroître l'accès à la nourriture, de réduire la pauvreté et de développer des filets de sécurité. Des efforts de diverses natures sont également nécessaires pour stimuler l'investissement, ce qui augmenterait la production intérieure, améliorer l'accès aux importations (et aux marchés d'exportation) et créer des réserves alimentaires d'urgence.

Les investissements publics dans le secteur tout entier mériteraient davantage d'attention, selon l'OCDE. La politique de l'innovation est déterminante pour améliorer la productivité agricole. Les dépenses consacrées à d'autres services d'intérêt général utiles au secteur agricole, comme les systèmes de sécurité et d'assurance qualité des aliments, contribuent elles aussi à la rentabilité, la compétitivité et la durabilité sur le long terme. « Il faut continuer à découpler le soutien à l'agriculture et la production. Même dans les pays où une grande partie du soutien est désormais dissociée de la production, les paiements sont en général fondés sur des droits antérieurs ou des superficies, et favorisent par conséquent les exploitations les plus grandes. Beaucoup peut encore être fait pour réorienter les dépenses vers certains objectifs concernant, par exemple, les bas revenus, le bien-être dans les collectivités rurales et la durabilité environnementale », conseille l'OCDE. (LC).

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE