Bruxelles, 13/09/2013 (Agence Europe) - Plus d'une vingtaine de ministres venant des 43 pays de l'UpM (Union pour la Méditerranée) et diverses personnalités féminines représentatives se sont réunis le 12 septembre 2013 à Paris dans le cadre d'une conférence sur le renforcement du rôle des femmes dans la société euro-méditerranéenne, à laquelle a assisté Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE et coprésidente de l'UpM.
Le président français, François Hollande, a affirmé, dans un discours de bienvenue, sa volonté de militer pour une intégration des femmes dans tous les domaines, de lutter contre les violences, et les discriminations et de soutenir la revendication d'« émancipation » des femmes en réponse aux promesses des « printemps arabes ». Il a exprimé une pensée particulière pour les femmes syriennes.
La ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, s'est réjouie de l'importance et de l'opportunité de cette rencontre parce qu'elle exprime la solidarité avec les femmes arabes comme elle présente l'avantage de réunir en un même lieu Arabes et Israéliens. Mais ces derniers ont quitté la salle de conférence estimant n'avoir pas eu la possibilité de répondre aux nombreuses critiques qui leur ont été faites. La co-présidente de l'UpM, Reem Abu Hassan, ministre du Développement social du Royaume hachémite de Jordanie, a confirmé cet incident dans une déclaration à France24.arabe.
La réunion s'est conclue par l'adoption d'une déclaration qui exprime, au nom des participantes, « un soutien aux bouleversements historiques qui touchent actuellement le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord » la détermination à « coopérer en vue de prendre des mesures concrètes tenant compte de ces changements ».
Les participantes ont estimé que « les réformes entamées dans plusieurs pays ont offert des possibilités de progrès en donnant aux femmes et aux filles la pleine jouissance de leurs droits humains et de leurs libertés fondamentales, mais qu'il faut encore en tirer pleinement parti pour obtenir les améliorations escomptées en matière d'égalité entre les hommes et les femmes », tout en condamnant les « violences sexuelles » endémiques et plus fréquentes, accentuées dans le contexte des soubresauts actuels. Elles « réaffirment l'importance de promouvoir l'égalité de jure et de facto entre les hommes et les femmes dans le cadre de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels ». L'engagement est pris par le biais de cette déclaration de militer pour le « droit de participation à la vie politique, économique, civile et sociale égal pour les femmes et les hommes », contre « toutes les formes de violence et de discrimination à l'encontre des femmes et des filles » et « d'aborder de manière plus efficace la prévention » contre ce phénomène, et de promouvoir l'éducation des femmes. Leur engagement est aussi de ne plus se contenter de paroles. Il faudrait « un changement d'attitude et de comportement pour parvenir à l'égalité entre les hommes et les femmes afin de favoriser l'émancipation des femmes, non seulement en matière de droits, mais aussi dans la pratique ».
Au terme de cette longue déclaration qui recense tous les domaines où s'exerce une discrimination réelle, sur le terrain, et les besoins en appuis et assistances, les participants ont décidé « d'établir un mécanisme de suivi efficace sous la forme d'un forum euro-méditerranéen sur le renforcement du rôle des femmes dans la société » qui devra se réunir « au moins une fois par an ». Prochaine réunion ministérielle: en 2016. (FB)